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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Disparition à la CNIDH : la justice conclut, sans convaincre

Par: Inès Gakiza

La justice burundaise affirme ne disposer d’aucun élément probant permettant d’élucider la disparition de Chadia Mukaremera, employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH), portée disparue depuis quatre mois. Dans une décision rendue le 15 juin, le substitut général près la Cour suprême a annoncé la clôture du dossier, faute d’infraction établie et de suspect identifié.

Selon le substitut général près la Cour suprême, Isaac Kubwayo, les enquêtes menées n’ont révélé aucun indice attestant d’un enlèvement ou d’une disparition forcée. Bien que Chadia Mukaremera n’ait plus donné signe de vie depuis le 25 février, date à laquelle elle a cessé de se présenter à son poste, aucune preuve ne permet, selon les autorités judiciaires, de conclure à un acte criminel.

Le magistrat souligne que les allégations d’enlèvement ont été relayées par certains employés de la CNIDH, sans être étayées par des éléments concrets. Ces derniers avaient notamment pointé du doigt la secrétaire générale de l’institution, Chantal Bakamiriza, présentée comme la dernière personne à avoir été en contact avec la disparue. Toutefois, les auditions menées par la police, y compris celles de plusieurs agents de la commission, n’ont fourni aucune information exploitable.

La direction de la CNIDH a également été entendue dans le cadre de l’enquête. Son président, Mgr Martin Blaise Nyaboho, son adjoint Gérard Rugemintwaza, ainsi que la secrétaire générale Chantal Bakamiriza ont tous déclaré ne disposer d’aucune information sur la disparition de leur collègue. Les premiers éléments de l’enquête indiquaient pourtant que cette dernière avait échangé avec Chadia Mukaremera le matin même de sa disparition.

Les responsables de la CNIDH ont par ailleurs été unanimes pour dire que cette affaire a été instrumentalisée par certains employés, dans le but de saboter les efforts visant à réconcilier le personnel, profondément divisé sous la présidence de Sixte Vigny Nimuraba.

Dans sa décision, le substitut général près la Cour suprême avance l’hypothèse selon laquelle Chadia Mukaremera aurait pu quitter le pays de son propre gré, à l’instar d’autres agents de la CNIDH ayant choisi de s’installer à l’étranger. Une hypothèse qui n’est toutefois étayée par aucun élément précis, alors que la famille de la disparue reste sans nouvelles depuis plusieurs mois. Le document ne précise pas non plus si les proches ont été entendus.

Faute de preuves d’une infraction, le parquet s’est appuyé sur l’article 104 du Code pénal burundais pour classer l’affaire sans suite. Il précise néanmoins que le dossier pourra être rouvert en cas de nouveaux éléments.

Huit jours après cette décision, une autre zone d’ombre persiste : les téléphones saisis par la police auprès de certains employés de la CNIDH lors des auditions en mars n’ont toujours pas été restitués.

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