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“La voix des sans voix”

Burundi : des cadres de la CNIDH demandent la suspension d’une mission à l’étranger de la Secrétaire générale, dans le cadre de l’enquête sur la disparition de leur collègue Chadia Mukaremera

Par: Davy-Claude Mbananayo

Cinq cadres de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme du Burundi (CNIDH) demandent que la Secrétaire générale de l’institution, Chantal Bakamiriza, ne soit pas autorisée à effectuer une mission de travail à l’étranger tant que les enquêtes sur la disparition de l’ancienne employée Chadia Mukaremera ne sont pas achevées. Ils évoquent de sérieux soupçons et plusieurs éléments liés à l’enquête en cours.

Dans une lettre adressée le 12 juin au président de la CNIDH, ces cinq cadres demandent que la Secrétaire générale ne soit pas autorisée à effectuer une mission de travail à Genève, en Suisse, prévue du 20 juin au 1er juillet de cette année, afin que les enquêtes en cours soient menées à leur terme et que les responsabilités dans la disparition de Chadia Mukaremera soient établies.

Didace Sunzu, Ornella Mugisha, Félix Muhimpundu, Félicité Rukundo et Philbert Manirakiza estiment qu’il existe un risque élevé que Chantal Bakamiriza, en cas de départ à l’étranger, ne revienne pas, dans un contexte marqué par la poursuite des enquêtes sur la disparition de Chadia Mukaremera.

Ils indiquent que le dossier lié à la disparition de Chadia Mukaremera est toujours pendant devant la justice et précisent que Chantal Bakamiriza figure parmi les six employés de la CNIDH qui ont été convoqués par la police judiciaire le 31 mars 2026 pour être entendus dans le cadre de cette affaire. Ils ajoutent que les enquêtes ont établi que la Secrétaire générale a été la dernière personne à avoir échangé par téléphone avec la victime avant sa disparition.

Dans ce document, les cadres affirment également que les enquêtes menées jusqu’à présent n’ont pas été conduites de manière uniforme. Ils soulignent que lors de leur audition par la police judiciaire le 31 mars, leurs téléphones ont été saisis, contrairement à celui de Chantal Bakamiriza, qui a conservé le sien. Ils indiquent par ailleurs n’avoir reçu aucun procès-verbal de saisie attestant de la confiscation de leurs appareils.

Ils s’interrogent également sur le traitement différencié dont fait l’objet la Secrétaire générale et estiment que certains éléments renforcent leurs soupçons.

Les signataires demandent ainsi au président de la CNIDH, Monseigneur Martin Blaise Nyaboho, de collaborer avec le bureau exécutif de l’institution et les commissaires afin que la Secrétaire générale ne quitte pas le territoire national avant la fin des enquêtes sur la disparition de Chadia Mukaremera et l’établissement des responsabilités.

Ils estiment qu’une telle décision permettrait de préserver l’image de la CNIDH et d’éviter toute accusation d’inaction dans une affaire impliquant une ancienne employée de l’institution.

Contacté à ce sujet, le président de la CNIDH, Monseigneur Martin Blaise Nyaboho, n’a ni confirmé ni infirmé une éventuelle suspension de cette mission. Il a toutefois indiqué que le dossier pourrait être examiné avant le départ prévu de la Secrétaire générale.

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