Un an de silence complice : où sont passés Chrysostome, Emmanuel et Dominique?
Par: Walter Kwizera
Un an s’est écoulé depuis la disparition de Chrysostome Ciza, Emmanuel Mfitiye et Dominique Ndikumana. Leurs familles, sans nouvelles depuis mars 2025, pointent du doigt les services de renseignement, agissant en toute impunité et dans un climat d’indifférence officielle.
Au Burundi, les disparitions forcées continuent de semer la peur et l’incompréhension. Trois hommes, Chrysostome Ciza, Emmanuel Mfitiye et Dominique Ndikumana, ont été enlevés l’an dernier, dans des circonstances similaires, sans qu’aucune enquête sérieuse n’ait été ouverte depuis.
Bien que les trois victimes aient été arrêtées séparément, leurs familles n’ont jamais revu leurs proches et toutes les démarches entreprises pour les retrouver sont restées vaines. Douze mois plus tard, elles ne savent toujours pas s’ils sont vivants.
Selon plusieurs sources locales, ces enlèvements ont été commis par des agents du Service national de renseignement et des hommes en uniforme de la police. Un constat qui, pour les proches des victimes, ne laisse aucun doute sur la responsabilité directe de l’appareil sécuritaire de l’État. Malgré cela, aucun responsable n’a été inquiété et les autorités demeurent silencieuses.
Deux des trois disparus étaient d’anciens fonctionnaires du ministère de l’Éducation à la retraite. Il s’agit de Dominique Ndikumana, habitant de Nyakabiga 3 à Bujumbura, il a été arrêté près de son domicile alors qu’il sortait acheter des unités de recharge téléphonique.
Emmanuel Mfitiye, ancien inspecteur de l’Éducation de Gitega, a été appréhendé le 24 mars 2025 vers 17 h, en pleine ville.
La troisième victime, Chrysostome Ciza, était originaire de la commune de Gishubi et a disparu après avoir reçu un appel et quitté son domicile sans jamais revenir.
Malgré les accusations récurrentes, les services de renseignement et la police continuent de se murer dans le silence. Aucun communiqué officiel n’a été publié, aucune enquête publique n’a été annoncée. Une indifférence qui alimente la colère et la détresse des familles, laissées sans réponses.
Les cas d’enlèvements se multiplient dans le pays. Depuis le début de 2026, la Radio RPA a recensé au moins quatre nouvelles disparitions, parmi lesquelles celle de Chadia Mukaremera, employée de la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH). Fait troublant : même cette institution, censée protéger les libertés fondamentales, n’a jamais fourni d’explication ni engagé d’action visible pour retrouver sa collègue.
Face à ce silence institutionnel, les familles des victimes continuent de réclamer vérité et justice. Elles demandent que lumière soit faite sur le sort de leurs proches et que les responsables de ces disparitions soient enfin traduits devant la justice.

