Pénurie de vivres dans plusieurs prisons du Burundi : les détenus confrontés à de graves difficultés alimentaires
Par: Nadège Irakoze
Les détenus de plusieurs prisons du Burundi dénoncent une pénurie de vivres qui affecte leur alimentation quotidienne, notamment le manque de haricots, d’eau et de bois de cuisson dans plusieurs établissements pénitentiaires.
Dans six prisons du pays, les détenus signalent une dégradation de leurs conditions de vie liée à la rareté des denrées alimentaires. Ils indiquent que certains ne consomment plus que de la pâte à base de farine en raison de la rupture de stocks de haricots.
À la prison centrale de Gitega, des sources pénitentiaires indiquent que les détenus viennent de passer trois semaines sans recevoir de haricots. Dans les prisons de Muramvya et Ngozi, les détenus disent également totaliser plus de dix jours sans cette denrée considérée comme essentielle dans leur alimentation quotidienne.
À la prison centrale de Mpimba, des détenus rapportent une forte réduction de la quantité de haricots servie depuis trois jours. Selon eux, alors qu’auparavant les haricots étaient préparés dans douze à quatorze grandes marmites, seulement quatre marmites sont actuellement utilisées. Cette diminution provoquerait des bousculades entre détenus pour accéder à la faible quantité de nourriture disponible.
À la prison centrale de Ruyigi, les détenus affirment que les distributions de haricots se font désormais de manière alternée. Selon leurs témoignages, lorsqu’ils reçoivent des haricots un jour, ils n’en reçoivent pas le lendemain malgré la disponibilité de farine.
Dans la prison centrale de Bubanza, les détenus indiquent que la farine et les haricots sont disponibles, mais qu’ils ne parviennent pas à préparer les repas en raison du manque d’eau et de bois de cuisson. Selon eux, la majorité des prisonniers n’a pas les moyens de s’acheter de l’eau ou du charbon devenus très coûteux. Ils précisent qu’un bidon d’eau s’achète actuellement à 1000 francs burundais.
Les détenus demandent au gouvernement et aux autorités en charge des prisons de trouver une solution durable à la pénurie récurrente de ration alimentaire observée dans plusieurs établissements pénitentiaires du pays.

