Mpimba : des détenus affamés lancent un appel à l’aide
Par: Balthazar Miburo
Depuis environ deux semaines, les détenus de la prison centrale de Mpimba font face à une grave pénurie de farine de manioc et de haricots. Cette situation est particulièrement dramatique pour les prisonniers qui ne reçoivent ni visites ni nourriture de la part de leurs proches. Certains détenus sont contraints de rester toute la journée sans rien manger.
Selon des informations parvenues à notre rédaction, les quelques haricots parfois disponibles sont devenus extrêmement rares. Lorsque des quantités sont distribuées, elles restent largement insuffisantes au regard du nombre de détenus. Les prisonniers les plus fragiles sont les premières victimes de cette pénurie, les quantités disponibles ne permettant pas de nourrir convenablement l’ensemble de la population carcérale.
« Même lorsque nous recevons un peu de nourriture, c’est parfois la direction de la prison qui l’achète ou une personne de bonne volonté qui nous vient en aide. Les responsables vont alors acheter les quelques produits disponibles au marché de Kinindo ou de Musaga. Au moment de la distribution, les détenus se disputent, car la nourriture est en très petite quantité et ne suffit pas pour tout le monde », témoigne un détenu.
Ce qui préoccupe particulièrement les détenus, c’est l’absence de toute communication des autorités sur cette situation. « Le directeur de la prison ne dit jamais rien à ce sujet. On dirait qu’il ne sait même pas que nous manquons de nourriture. D’ailleurs, il ne vient jamais nous voir pour s’informer de notre situation », déplore un autre détenu.
La pénurie alimentaire a également fait grimper les prix à l’intérieur de la prison. Les quelques haricots vendus sur place coûtent désormais très cher, tandis que le charbon de bois nécessaire à leur cuisson représente une dépense supplémentaire difficile à supporter. « La vie est devenue très difficile ici. Par exemple, à l’intérieur de la prison, un kilo de haricots coûte 6 000 francs burundais. Le charbon de bois pour les cuire coûte également très cher. Les détenus sont donc couchés à même le sol en ciment. On voit clairement qu’ils souffrent énormément de la faim. Il ne nous reste plus qu’à nous en remettre à Dieu », confie un détenu.
Les détenus lancent un appel aux autorités compétentes, aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté afin qu’ils leur viennent en aide en leur fournissant de quoi se nourrir. Ils craignent que, si la pénurie persiste, la faim ne provoque de graves conséquences sanitaires, voire des décès au sein de la prison centrale de Mpimba.

