La Ligue Iteka dénonce la persistance de la torture et la surpopulation carcérale dans les prisons du Burundi
Par: Emmanuel Niyungeko
La Ligue burundaise des droits de l’homme Iteka se dit préoccupée par la persistance, voire l’accentuation des cas de torture physique et morale dans les cachots et prisons du Burundi. Dans une déclaration publiée ce 26 juin 2026 à l’occasion de la Journée mondiale de soutien aux victimes de la torture, elle dénonce une hausse de la surpopulation carcérale et appelle à des mesures urgentes, notamment la libération des prisonniers ayant purgé leurs peines et une meilleure collaboration avec les organisations de défense des droits humains.
La persistance et l’accentuation du recours à la torture tant physique que morale sont devenues comme une habitude dans les cachots et les prisons du Burundi, dont la surpopulation carcérale déjà énorme s’est accrue de 37% en une seule année.
Dans sa déclaration de ce 26 juin 2026 à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale pour le soutien aux victimes de la torture, la Ligue Iteka indique que les cas documentés concernent seulement les victimes de violences physiques commises en public, mais mentionne qu’il y a des tortures physiques systématiques dans les cachots de la police et du Service national des renseignements, où de nombreuses personnes y perdent même la vie.
Dans cette déclaration, la Ligue Iteka montre que, dans la période située entre juin 2025 et mai 2026, le nombre de prisonniers est passé de 11 368 à 12 980 dans les 13 prisons connues du pays, soit un taux de surpopulation passé de 264% à 302%.
Les exemples illustratifs donnés par la Ligue Iteka concernent la prison de Muramvya dont la capacité d’accueil est de 100 personnes mais où le chiffre a été multiplié par plus de sept fois, avec actuellement 791 prisonniers. La prison de Gitega ayant une capacité de 400 détenus a vu ce nombre tripler et compte aujourd’hui 1200 prisonniers. La prison de Rumonge dite Murembwe compte actuellement 1384 détenus, alors qu’elle ne devrait pas dépasser 800. La prison centrale de Mpimba, avec une capacité d’accueil de 800 prisonniers, en compte aujourd’hui 3855.
La Ligue Iteka explique que la surpopulation carcérale crée des conditions de vie inhumaines, notamment le manque régulier de nourriture, le non-accès aux soins de santé, et le fait que ceux qui parviennent à être soignés sont retirés intempestivement des hôpitaux ou centres de santé pour être ramenés en prison avant leur guérison.
La Ligue burundaise des droits de l’homme Iteka appelle le président de la République à assurer la libération de tous les prisonniers ayant purgé leurs peines.
Elle demande également à la Commission nationale des droits de l’homme (CNIDH) de sortir de son inaction, de dénoncer cette surpopulation carcérale et de collaborer avec les organisations de défense des droits de l’homme plutôt que de les combattre, de produire des rapports annuels comme le lui prescrit la loi qui l’a créée, afin de faire connaître la situation et d’améliorer le respect des droits des personnes arrêtées et emprisonnées.
La Ligue Iteka demande enfin à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et au Comité contre la torture des Nations unies de visiter les prisons du Burundi et de continuer à suivre de près la situation des détenus en vue de formuler des recommandations pour leur libération ou pour qu’ils soient traités conformément aux normes internationales.

