Un combattant de Red Tabara a été tué après plus d’un an de détention au SNR
Par: Inès Gakiza
Émile Nsavyimana, combattant du mouvement Red Tabara, a été tué récemment par les services de renseignement burundais après avoir passé plus d’une année en détention. Arrêté en République démocratique du Congo avant d’être remis aux autorités burundaises, il a été extrait du cachot du Service national des renseignements pour être conduit à l’hôpital, mais n’y a finalement été ni admis ni reconduit en détention.
Émile Nsavyimana a été arrêté dans la ville d’Uvira, en République démocratique du Congo, avec son compagnon d’armes Albert Bahati. Selon les informations recueillies, les deux hommes ont été capturés par l’armée congolaise à la fin de l’année 2024, avant d’être remis aux autorités burundaises.
Après leur transfert au Burundi, ils ont été conduits dans un cachot du Service national des renseignements, situé à proximité de la cathédrale Regina Mundi, en mairie de Bujumbura. Les conditions de détention y étaient particulièrement difficiles. D’après nos sources, les deux hommes ont été soumis à des actes de torture et à des mauvais traitements répétés, entraînant une forte dégradation de leur état de santé.
Émile Nsavyimana, dont l’état de santé s’était progressivement détérioré, n’a pas reçu les soins médicaux nécessaires. À la fin du mois de juillet, alors que son état était devenu particulièrement préoccupant, il a été conduit dans un hôpital de Bujumbura pour recevoir des soins, avant d’être ramené au cachot.
Au cours du mois d’août, son état s’est à nouveau aggravé. Il a été conduit une deuxième fois vers un établissement hospitalier dans un état critique. Mais cette fois, il n’a été ni admis à l’hôpital ni reconduit au cachot.
Au sein des services de renseignement, une version rapportée à nos sources affirme qu’Émile Nsavyimana aurait tenté de désarmer le policier qui l’accompagnait avant d’être abattu. Cette version suscite toutefois de sérieux doutes. Plusieurs témoins qui l’ont vu lors de son dernier transfert décrivent un homme extrêmement affaibli et ayant à peine la force de se tenir debout. Dans ces circonstances, des soupçons font plutôt état d’une possible exécution.
Quant à Albert Bahati, son compagnon d’armes, il est toujours détenu dans le cachot du Service national des renseignements situé près de la cathédrale Regina Mundi. Selon nos sources, son état de santé s’est également préoccupant.

