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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

La frustration populaire, principale cause de la recrudescence des rébellions au Burundi

L’émergence des groupes armés est consécutive à la violation des Accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation. C’est du moins le point de vue des politiques et politologues qui convergent à dire que le peuple décide d’emprunter la voie des armes parce qu’il n’a plus d’autres alternatives.

L’exemple le plus parlant donné par Léonard Nyangoma, président du parti CNDD et un des fondateurs du mouvement rebelle Cndd-Fdd dont sont issus les dirigeants actuels du pays, c’est l’insurrection de 2015. ‘’ En fait, tous ces mouvements rebelles ont pris naissance avec les évènements de 2015. Vous n’êtes pas sans savoir qu’à cette époque, le président Nkurunziza venait de fouler au pied les Accords d’Arusha et la constitution qui en est issue en briguant un troisième mandat illégal. ‘’A rappelé cet ancien chef rebelle. Et le président du parti Cndd de souligner que ‘’ Dans beaucoup de pays, chaque fois que s’installe un pouvoir d’oppression, un pouvoir dictatorial, un pouvoir tyrannique qui ne respecte pas les lois en particulier la loi fondamentale, c’est à ce moment que se manifestent des formes négatives d’action collective.’’ Pour lui, il est tout à fait normal que, ‘’ A un certain moment, le peuple frustré se révolte et se soulève pour revendiquer leurs droits et, si nécessaire, renverser les institutions en place, juste parce qu’il ne trouve pas d’autres options pour faire pression sur ce pouvoir dans l’objectif de rétablir l’ordre, le respect des droits de l’homme et la démocratie.’’ A conclu Léonard Nyangoma.

Même son de cloche du côté des politologues.

Le professeur Julien Nimubona a expliqué que les espaces politiques clos de certains gouvernements sont à l’origine de la création des groupes rebelles. ‘’ La rébellion est une dernière alternative après que toutes les autres aient été épuisées. Pour prendre les armes, les individus savent bien qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort. Les analystes qui ont fait des études sur les formes négatives d’action collective telles les manifestations populaires et les mouvements armés convergent sur la fermeture de l’espace politique comme cause. A ce moment-là, le pouvoir en place ne donne pas aux citoyens, aux partis politiques et aux associations de la société civile la liberté d’exprimer leurs idées et les faire valoir à travers les formes légales de participation politique telles les élections.’’ Cet expert en sciences politiques de poursuivre en affirmant que ‘’ Dans plusieurs cas, ces pouvoirs fermés sont détenus par des groupes restreints de personnes qui oublient qu’ils représentent le peuple, le seul véritable détenteur du pouvoir politique.’’ Toujours selon lui, ‘’ La première cause de ces mouvements rebelles concerne les modes de succession au pouvoir. Les experts convergent sur la liberté du peuple de choisir leurs représentants comme forme idéale de gouvernance, et cela en respect des lois telle la constitution et la loi électorale. Et, lorsque le dialogue n’aboutit pas ou que ses clauses ne sont pas respectées, il se manifeste alors des personnes qui estiment qu’il n’y a aucun autre recours que celui de prendre les armes.’’

Pour le politologue Julien Nimubona, l’autre cause de la création des mouvements rebelles est le non-respect des droits et libertés individuelles. ‘’ Dans plusieurs pays comme le nôtre, les lois sont négligées et bafouées. Et surtout que dans notre pays, les militaires et les policiers se sont déjà mis dans la tête que ce sont eux les détenteurs du pouvoir politique. Par-là, il s’observe l’usage de la force plus que la mise en avant du dialogue. C’est-à-dire que la résolution pacifique des conflits sans recourir à la force n’est plus possible. Je terminerais sur l’analyse très importante faite par l’analyste américain Ted Gurr qui prône que la décision de combattre un gouvernement avec des armes prend origine dans la frustration occasionnée par la privation des droits, l’injustice, le favoritisme et la discrimination au sein de ce gouvernement. ‘’

Et Julien Nimubona de terminer son analyse en disant que cette injustice ou encore discrimination motive par la suite des soulèvements populaires qui, une fois négligés peuvent, plus tard, dégénérer vers une lutte armée qui est la plus ultime décision d’un peuple lésé.  

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