L’eau devient un luxe à Mirango
Par: Walter Kwizera
Depuis plusieurs mois, les robinets sont à sec dans le quartier de Mirango, à Bujumbura. L’eau ne coule que quelques heures par semaine, contraignant les habitants à recourir à des vélos-taxis pour s’approvisionner, à des prix de plus en plus élevés.
Le quartier Mirango, dans la commune de Ntahangwa à Bujumbura, vit une crise persistante d’accès à l’eau potable. Depuis des mois, les habitants peinent à se ravitailler et dénoncent une situation devenue intenable.
« Nous recevons l’eau au compte-gouttes, seulement deux jours par semaine », confie un résident de Mirango I. « Elle arrive souvent la nuit, et quand elle revient le lundi, il faut attendre le vendredi suivant pour en avoir à nouveau. » Dans le quartier voisin de Mirango II, la distribution ne s’améliore guère : « Chez nous, l’eau ne vient que le samedi soir et le dimanche matin », ajoute un autre habitant.
Face à cette rareté, la population s’est résolue à payer des vélos-taxis pour transporter de l’eau depuis d’autres zones, notamment Ngagara. Le service, devenu lucratif, pèse lourdement sur le budget des ménages. Un bidon de vingt litres coûte désormais entre 1 000 et 1 500 francs burundais, selon la distance parcourue.
« Les cyclistes qui vont chercher l’eau à Ngagara utilisent leurs propres bidons. Pour ceux-là, il faut payer 1 500 francs. Les autres demandent environ 1 000 francs », explique un habitant, lassé par cette dépendance coûteuse.
Les résidents de Mirango affirment avoir maintes fois signalé le problème à la REGIDESO, sans obtenir de solution concrète. L’entreprise publique avait pourtant promis récemment la réparation de certaines canalisations, mais sur le terrain, les travaux se font encore attendre.

