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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Libre circulation en Afrique : un protocole sur la suppression des visas encore loin d’être appliqué à grande échelle

Par: Digne Karondo

Huit ans après l’adoption par l’Union africaine d’un protocole visant à instaurer la libre circulation des personnes et la suppression des visas pour les ressortissants africains, la mise en œuvre de cette mesure reste encore limitée sur le continent. Alors que l’objectif est de faciliter les déplacements à travers l’Afrique, le dispositif peine toujours à entrer pleinement en vigueur, faute de ratifications suffisantes.

En 2018, lors du sommet de Kigali au Rwanda, les États membres de l’Union africaine ont adopté un protocole relatif à la libre circulation des personnes en Afrique. Toutefois, sur les 55 États membres, seuls quatre l’ont ratifié à ce jour, un chiffre encore loin du seuil requis de 15 ratifications pour son entrée en vigueur.

Dans la pratique, plusieurs pays ont déjà supprimé l’obligation de visa pour les ressortissants africains. Il s’agit notamment du Togo, du Rwanda, du Bénin, des Seychelles, du Ghana et de la Gambie. La République du Congo a également annoncé l’entrée en vigueur de cette mesure à partir du 1er janvier 2027.

Cette libre circulation vise à faciliter les déplacements intra-africains, à promouvoir les échanges de compétences, à stimuler l’entrepreneuriat et l’innovation, ainsi qu’à renforcer la coopération entre les États et les populations du continent.

Cependant, sa mise en œuvre se heurte à plusieurs défis. Certains États membres de l’Union africaine évoquent des préoccupations liées à la sécurité nationale, notamment le terrorisme, la traite des êtres humains, le trafic de drogues et d’autres formes de criminalité transfrontalière. D’autres mettent en avant les risques liés à la santé publique, en particulier face aux épidémies et aux catastrophes récurrentes sur le continent. Les disparités socio-économiques entre les États constituent également un frein, certains pays redoutant un afflux migratoire important en provenance des pays les moins développés.

Au Burundi, l’exemption de visa pour les ressortissants africains est principalement accordée aux citoyens des États membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est, ainsi qu’à ceux de certains pays ayant conclu des accords bilatéraux spécifiques avec le pays.

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