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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Journée de la démocratie : le pluralisme politique toujours en recul au Burundi

Par: Désiré Hatungimana

Plus de 400 000 Burundais ont quitté leur pays depuis l’arrivée du CNDD-FDD au pouvoir en 2005. Parmi eux se trouvent des opposants politiques, des dissidents du parti au pouvoir, des journalistes et des défenseurs des droits humains. Les restrictions de l’espace politique et les violations des droits humains se sont particulièrement aggravées lors de la crise de 2015. Alors que le monde célèbre la Journée internationale de la démocratie, la situation politique du Burundi continue de susciter des interrogations sur la place accordée au pluralisme.

Depuis 2005, le CNDD-FDD reste au centre de la vie politique burundaise. Au fil des années, plusieurs partis d’opposition ont vu leur influence diminuer. Sous le deuxième mandat de Pierre Nkurunziza, à partir de 2010, le FRODEBU, l’UPRONA, le CNL et l’UPD ont notamment été affaiblis.

La composition de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, a également alimenté la méfiance des acteurs politiques. Considérée comme majoritairement composée de membres du parti au pouvoir, elle a été au centre des critiques et a contribué au boycott de certains scrutins par plusieurs acteurs politiques.

La situation s’est davantage détériorée en 2015 avec la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, considéré comme anticonstitutionnel par ses opposants. Les manifestations et les contestations qui ont suivi ont été accompagnées d’assassinats et d’emprisonnements. Des membres de l’opposition, de la société civile et même du CNDD-FDD ont également été concernés par cette crise.

Plusieurs personnalités politiques ont alors quitté le Burundi. C’est notamment le cas de Jean Minani, Frédéric Bamvuginyumvira, Chauvineau Mugwengezo et Alexis Sinduhije. Des personnalités issues du CNDD-FDD ont également pris le chemin de l’exil, parmi lesquelles Pie Ntavyohanyuma, alors président de l’Assemblée nationale, Gervais Rufyikiri, président du Sénat, Léonidas Hatungimana, porte-parole du président Nkurunziza, et Geneviève Kanyange, présidente de la Ligue des femmes du CNDD-FDD. Zedi Feruzi, dirigeant de l’UPD Zigamibanga, a pour sa part été assassiné.

Le secteur des médias n’a pas été épargné par cette situation. Plus d’une centaine de journalistes et autres professionnels des médias ont quitté le pays après la fermeture de plusieurs radios indépendantes. D’autres ont été arrêtés et emprisonnés. Les discours du président Évariste Ndayishimiye sont également cités comme illustrant l’absence de séparation des pouvoirs.

Sur le plan électoral, le CNDD-FDD contrôle aujourd’hui l’essentiel du paysage politique burundais. Lors des élections législatives et sénatoriales de 2025, le parti a remporté 100 % des sièges. Une situation qui contraste avec le pluralisme politique connu par le Burundi en 1993.

Le pays se retrouve ainsi dans une situation où le parti au pouvoir domine toutes les institutions politiques. Une réalité régulièrement évoquée par le président du CNDD-FDD, Révérien Ndikuriyo, qui affirme que le Burundi est désormais sous l’emprise d’un parti unique.

En cette Journée internationale de la démocratie, le Burundi reste donc confronté à un important défi en matière de pluralisme politique.

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