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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

À Gitega, des frais supplémentaires réclamés pour retirer des engrais déjà payés

À Gitega, des frais supplémentaires réclamés pour retirer des engrais déjà payés

Par: Innocent Valentin Singirankabo

Des agriculteurs de la commune de Gitega dénoncent des surcoûts allant de 700 à 3 700 francs burundais au moment de récupérer leurs engrais déjà payés. Présentées comme une taxe communale, des frais d’emballage ou de manutention, ces sommes suscitent l’incompréhension des bénéficiaires, qui demandent des explications sur leur justification.

Payer le prix officiel des engrais ne suffit plus pour en prendre possession dans certains dépôts de Gitega. Selon des agriculteurs, des paiements supplémentaires leur sont réclamés lors du retrait des sacs. Ils mettent notamment en cause des agents communaux et assurent qu’ils n’avaient pas à supporter ces frais auparavant.

Un agriculteur de la zone de Nyamugari, rencontré par la rédaction de la RPA, décrit plusieurs paiements successifs. Au dépôt de la zone, les bénéficiaires doivent  s’acquitter d’abord d’une taxe communale. À proximité du lieu de stockage, une autre personne leur réclame ensuite de l’argent pour un sac d’emballage. Enfin, une somme supplémentaire est exigée pour rémunérer un porteur chargé d’aider au déchargement.

« Quand nous allons les retirer, on nous dit que nous devons d’abord payer 2 000 francs pour une prétendue taxe communale. Ensuite, on nous réclame 1 000 francs supplémentaires pour le sac d’emballage, puis 700 francs pour rémunérer le porteur », témoigne-t-il. Donc un supplément de 3 700 francs burundais sur un sac de 25 kilogrammes de FOMI Imbura, déjà payé 31 000 francs.

Cet agriculteur conteste ces prélèvements, estimant que les prestations facturées sont déjà comprises dans le prix du sac. « Pourtant, tous ces frais sont déjà inclus dans les 31 000 francs que nous payons pour un sac. Alors, d’où vient cette taxe communale dont on nous parle ? Est-elle apparue simplement parce qu’on veut nous remettre les engrais ? », déplore-t-il.

Ces plaintes portent sur des intrants dont une partie du coût est subventionnée par l’État pour en faciliter l’accès aux agriculteurs. Selon les tarifs du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, le coût total d’un sac de 25 kilogrammes d’urée est de 91 965 francs burundais. L’agriculteur en paie 33 000, tandis que l’État prend en charge les 58 965 francs restants. Pour le FOMI Imbura, le coût d’un sac de 25 kilogrammes s’élève à 86 408 francs, dont 31 000 à la charge de l’agriculteur et 55 408 couverts par la subvention publique. Un sac de même poids de FOMI Bagara coûte 77 473 francs : le bénéficiaire verse 28 000 francs et l’État finance les 49 473 francs restants. Quant à la dolomie, les 50 kilogrammes répartis en deux petits sacs coûtent 19 000 francs, dont 5 000 payés par l’agriculteur et 14 000 pris en charge par l’État.

Les sommes dénoncées à Gitega viennent ainsi s’ajouter à la contribution officielle déjà versée par les bénéficiaires. Au moment de la rédaction de cet article, la RPA n’avait pas encore pu joindre l’administrateur de la commune de Gitega, le docteur Jacques Nduwimana, ni le gouverneur de la province, Liboire Bigirimana, pour recueillir leurs réactions.

 

 

 

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