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“La voix des sans voix”

Affaire des sœurs italiennes : Parme rouvre un dossier longtemps étouffé au Burundi

Affaire des sœurs italiennes : Parme rouvre un dossier longtemps étouffé au Burundi

Par: Inès Gakiza 

La législation italienne permet à la justice de ce pays d’enquêter sur tout meurtre commis à l’encontre de ses ressortissants, quel que soit le lieu du crime. C’est dans ce cadre que la justice italienne a ouvert à Parme une procédure sur le triple assassinat des religieuses italiennes tuées à Bujumbura, une affaire qui demeure en instruction au Burundi depuis 2014.

Le droit pénal italien précise clairement que l’Italie dispose du droit de poursuivre toute affaire de meurtre commis sur un ressortissant italien, quel que soit le lieu où le crime a été perpétré dans le monde. La justice italienne peut donc ouvrir une procédure judiciaire dès lors que l’auteur présumé est sur le territoire italien, ou encore s’il peut être extradé pour comparaître devant les juridictions italiennes.

Le dossier relatif à l’assassinat des religieuses Olga Raschietti, Lucia Pulici et Bernadetta Boggian a été ouvert en 2024 à Parme, un dossier connu du public avec la récente arrestation de Guillaume Harushimana, résidant depuis quelques années en Italie.

Les professionnels du droit expliquent que, si le Burundi et l’Italie sont liés par un accord d’extradition ou de coopération judiciaire, Gitega peut solliciter la remise de Guillaume Harushimana afin qu’il soit jugé sur son territoire. À défaut d’un tel accord, le Burundi peut toujours adresser une demande officielle à l’Italie pour que le suspect soit transféré à ses autorités judiciaires. Cependant, Rome conserve la prérogative de refuser la demande de Gitega et de le juger sur son propre sol si elle estime que la justice burundaise n’offre pas de garanties suffisantes.

 Un dossier vieux de plus d’une décennie

Au Burundi, le dossier est ouvert depuis septembre 2014. Christian Claude Butoyi, atteint de troubles mentaux, a été arrêté le 9 septembre 2014, deux jours après le meurtre des trois missionnaires italiennes.

Outre Butoyi, toujours détenu et poursuivi pour ce crime, un agent du Service national de renseignement, Juvent Nduwimana, qui avait reconnu dans un témoignage accordé à la Radio RPA avoir pris part à l’assassinat d’Olga, Lucia et Bernadette, a été aussi emprisonné. Rapatrié de Somalie en avril 2015, où il avait été affecté après le triple assassinat, Nduwimana avait été incarcéré, avant d’être retiré de la prison de Mpimba en septembre 2017 pour être exécuté, affirment plusieurs sources.

Juvent Nduwimana, tout comme un policier Issa Nduwimana, connu sous le nom de « Mwarabu », avaient témoigné à la RPA, reconnaissant leur implication directe dans le meurtre des trois religieuses italiennes. Parmi les personnes qu’ils ont citées comme étant impliquées dans la préparation de ce crime figurent le défunt général Adolphe Nshimirimana, qui fut patron du renseignement burundais, le général Gervais Ndirakobuca, aujourd’hui président du Sénat, ainsi que le Père Claudio Marano, directeur du Centre Jeunes Kamenge, et Guillaume Harushimana, employé dans la même institution.

Le Père Claudio Marano avait été convoqué au moins à deux reprises par le parquet de Bujumbura en 2015 pour être entendu sur cette affaire. Guillaume Harushimana a quitté le Burundi sans avoir été convoqué même une seule fois. Les Burundais se souviennent de lui lors d’une manifestation devant le siège de la radio RPA à Bujumbura, en janvier 2015, quand sa famille et lui étaient venus, portant un cercueil et une croix, exprimer leur douleur, estimant que la RPA, en révélant son implication dans ces meurtres, l’avait en quelque sorte enterré.

Le général Nshimirimana est décédé sans jamais avoir été entendu par la justice, tandis que le général Ndirakobuca n’a, à ce jour, jamais été inquiété. En revanche, le journaliste Bob Rugurika a été arrêté en janvier 2015 pour avoir diffusé sur la Radio RPA les conclusions de son enquête sur ces assassinats. Il a été libéré un mois plus tard, sous la pression de la communauté internationale.

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