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“La voix des sans voix”

Dossier des religieuses de Kamenge : les avocats de Guillaume Harushimana demandent sa remise en liberté en Italie

Dossier des religieuses de Kamenge : les avocats de Guillaume Harushimana demandent sa remise en liberté en Italie

Par: Inès Gakiza

Poursuivi en Italie pour son implication présumée dans l’assassinat de trois religieuses italiennes à Kamenge en 2014, le Burundais Guillaume Harushimana demande, par le biais de ses avocats, l’annulation de son ordonnance de détention ou son remplacement par une assignation à domicile. L’affaire, relancée à Parme, réactive de lourdes accusations déjà portées au Burundi.

Les avocats de Guillaume Harushimana ont saisi le tribunal de Riesame, à Parme, pour demander l’annulation de l’ordonnance de détention visant leur client, ou, à défaut, sa substitution par une assignation à domicile. Ce Burundais est poursuivi dans le dossier de l’assassinat de trois religieuses italiennes, tuées en septembre 2014 à Kamenge, dans la périphérie de Bujumbura. Selon des sources proches du dossier jointes par la RPA à Parme, la défense attend dans les prochains jours la fixation de l’audience devant le juge.

D’après le quotidien italien Gazzetta di Parma, les avocats de Guillaume Harushimana n’ont pas encore eu accès à l’ensemble des pièces du dossier. Ils fondent leur demande de remise en liberté sur les éléments de l’enquête qui leur ont été communiqués après l’arrestation de leur client. Selon eux, le dossier ne contient pas, à ce stade, de preuves suffisantes établissant la participation de Guillaume Harushimana au triple meurtre, et la crédibilité des éléments déjà versés au dossier doit encore être vérifiée.

Guillaume Harushimana a été incarcéré à la prison de Via Burla, à Parme, le 26 février 2026, en exécution d’une ordonnance de détention provisoire. Dès son arrestation, il a exercé son droit à l’assistance consulaire en sollicitant un entretien avec le représentant du Burundi en Italie. Le jeudi 5 mars, l’ambassadeur Ernest Ndabashinze s’est rendu à l’établissement pénitentiaire pour lui rendre visite.

Avant cette visite au parloir, rapporte la Gazzetta di Parma, le diplomate burundais avait d’abord rencontré les deux procureurs en charge du dossier. L’un d’eux a indiqué à la presse qu’il s’agissait d’un entretien de courtoisie, au cours duquel ils ont présenté à l’ambassadeur le cadre juridique prévu par le droit italien pour une affaire pénale comme celle visant Guillaume Harushimana.

Les trois religieuses italiennes, Olga Raschietti, Lucia Pulici et Bernardetta Boggian, membres de la congrégation des Xavériennes, ont été assassinées les 7 et 8 septembre 2014 à la paroisse Guido Maria Conforti, à Kamenge, où elles exerçaient leur ministère. À l’époque des faits, Guillaume Harushimana travaillait au Centre Jeunes Kamenge.

Dans leurs témoignages fournis à la Radio Publique Africaine , les auteurs du crime ont cité  Guillaume Harushimana. Selon leurs déclarations, il a participé à des réunions de planification du crime, des rencontres présidées par feu le général Adolphe Nshimirimana, ancien homme fort de l’appareil sécuritaire burundais. Les mêmes sources affirment aussi qu’au cours de la nuit du triple meurtre, Guillaume Harushimana a été aperçu dans les environs de la mission, en compagnie de son employeur de l’époque, le père Claudio Marano, alors directeur du Centre Jeunes Kamenge.

Selon ces témoignages, les religieuses ont été ciblées parce qu’elles détenaient des informations sensibles sur le détournement présumé de fonds en provenance de l’Italie, officiellement destinés à des projets d’aide aux populations burundaises. Des détournements  impliquant Guillaume Harushimana, le père Marano et le général Nshimirimana. Les enquêtes de la RPA révèlent également que les sœurs détenaient sur des entraînements paramilitaires d’Imbonerakure à Kiliba Ondes, ainsi que sur un trafic d’armes et de minerais entre de hauts responsables burundais et des groupes armés, notamment des miliciens FDLR.

Au Burundi, dans les jours qui ont suivi le triple homicide, la police a interpellé un jeune homme souffrant de troubles psychiatriques, Christian Claude Butoyi,  et l’a présenté comme l’auteur du crime. Plus de dix ans après, il demeure détenu pour ce triple assassinat.

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