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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Plus de 13 000 détenus au Burundi face à la baisse du budget alimentaire des prisons

Par: Inès Gakiza

Les détenus des prisons au Burundi continuent de faire face à des pénuries alimentaires récurrentes, sur fond de réduction des budgets consacrés à leur nourriture. Depuis plus de cinq ans, les ruptures de stocks se succèdent dans les onze établissements pénitentiaires du pays, qui accueillent aujourd’hui plus de 13 000 personnes pour une capacité totale de 4 294 places. Cette situation soulève des questions sur le respect du droit des détenus à une alimentation suffisante et à un traitement digne, conformément aux textes nationaux et internationaux.

Dans certaines prisons, les repas se limitent à de la farine, sans haricots, tandis que dans d’autres, les détenus ne reçoivent que des haricots. Lorsque les stocks sont totalement épuisés, leur alimentation dépend des vivres que leurs proches parviennent à leur apporter.

Les chiffres témoignent de l’ampleur de la surpopulation carcérale. Au cours des cinq dernières années, le nombre de détenus n’est jamais descendu en dessous de 12 000, malgré les pénuries alimentaires répétées. Selon les rapports des défenseurs des droits humains, une grande partie des personnes incarcérées fait l’objet de détentions arbitraires.

Parallèlement à cette hausse de la population carcérale, les ressources consacrées à l’alimentation des détenus ont connu une forte diminution. Pour l’exercice budgétaire 2023-2024, l’État avait prévu plus de 14 milliards de francs burundais pour nourrir plus de 13 500 prisonniers. Pourtant, cette enveloppe n’a pas permis d’assurer systématiquement les repas prévus chaque jour.

Depuis lors, les crédits alloués à cette dépense ont continué de reculer, alors que le nombre de détenus reste élevé. Pour l’exercice budgétaire en cours, le gouvernement du président Évariste Ndayishimiye a prévu un peu plus de 2,4 milliards de francs burundais pour assurer l’alimentation de plus de 13 000 prisonniers.

Cette réduction des moyens intervient alors que le coût de la vie poursuit sa hausse. Dans le même temps, les dépenses de certaines institutions et personnalités sont revues à la hausse. Le budget de l’intendance de la présidence de la République dépasse ainsi un milliard de francs burundais pour l’année en cours. Cette somme représente plus de la moitié du montant prévu pour nourrir l’ensemble des détenus concernés.

Au regard de ces éléments, la situation alimentaire dans les prisons pose la question du respect des obligations de l’État envers les personnes privées de liberté. Les textes internationaux imposent aux autorités de préserver leur dignité et de garantir des conditions de détention respectueuses de leurs droits fondamentaux.

La règle 22 des Règles Nelson Mandela prévoit que chaque détenu bénéficie d’une alimentation de bonne qualité, suffisamment nutritive pour préserver sa santé et ses forces. De son côté, l’article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques exige que toute personne privée de liberté soit traitée avec humanité et dans le respect de la dignité inhérente à la personne humaine.

Au Burundi, les obligations en matière d’alimentation des détenus sont également inscrites dans la Constitution et dans la loi régissant les établissements pénitentiaires. Ces textes imposent à l’État de fournir aux prisonniers une alimentation adéquate tout en garantissant le respect de leurs droits fondamentaux.

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