Les experts des Nations Unies déplorent les violations des droits des Burundais réfugiés en Tanzanie.

Dans un rapport rendu public ce mardi 13 avril, les défenseurs des droits de l’homme interpellent les gouvernements de la Tanzanie et du Burundi à respecter les droits des réfugiés et des demandeurs d'asile qui ont fui le Burundi. Ils déplorent les informations faisant état de disparitions forcées, de torture, de retours forcés et d’intimidation dont sont souvent victimes ces réfugiés Burundais.

Les experts des Nations Unies ont déclaré ce mardi 13 avril,  que la police et les services de renseignement tanzaniens, en collaboration avec les services de renseignement burundais, auraient procédé à des arrestations arbitraires et des disparitions forcées.

Outre la politique stricte de maintien des réfugiés dans les camps, imposée par le gouvernement tanzanien, ces experts ont indiqué que les réfugiés et demandeurs d'asile burundais vivent désormais dans la crainte d'être enlevés au milieu de la nuit par les forces de sécurité tanzaniennes et emmenés vers un lieu inconnu ou d'être renvoyés de force au Burundi.

Ils font également savoir que des opposants politiques burundais auraient été traqués parmi la population réfugiée et demandeuse d'asile en Tanzanie. Ces experts de l’ONU  précisent que la situation en matière de sécurité dans les camps semble extrêmement compromise au vu des informations selon lesquelles des agents de renseignement burundais se faisant passer pour des réfugiés dans les camps, identifient des individus spécifiques qui sont ensuite arrêtés par les forces de sécurité tanzaniennes.

D’après le rapport de ces experts des Nations Unies, plusieurs réfugiés ont confirmé avoir été emmenés par la police tanzanienne, soumis à des disparitions forcées et à la torture avant d'être refoulés ou contraints de signer pour un soi-disant retour volontaire. ‘’Certains ont été interrogés sur leur affiliation présumée à des groupes armés et sur la possession d'armes, sur leurs activités dans les camps, et  dans certains cas, on leur a demandé de l'argent pour les libérer.’’ Lit-on dans ce rapport.

Ces défenseurs des droits de l’homme ont déclaré avoir été  extrêmement alarmés  par les informations selon lesquelles certains réfugiés burundais auraient été tués après avoir été enlevés par les forces de sécurité tanzaniennes. Ils demandent au gouvernement du Burundi de mettre fin à la répression contre ses citoyens, y compris ceux qui demandent une protection internationale en Tanzanie. Et au gouvernement de la Tanzanie, de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser immédiatement ces violations.

L'inquiétude croissante quant à la sécurité des réfugiés et demandeurs d’asiles burundais en Tanzanie aurait poussé de nombreuses personnes à retourner au Burundi par peur plutôt que par volonté réelle de retourner dans leur pays d'origine.