Situation humanitaire critique au camp de réfugiés congolais de Busuma
Par : Rédaction
La vie des réfugiés congolais installés au Burundi est gravement menacée. Le manque d’abris, la famine et les maladies liées à l’insalubrité plongent ces populations dans une situation humanitaire préoccupante, qui a déjà coûté la vie à certains d’entre eux.
Le camp de réfugiés congolais est situé au village de Busuma, dans la zone Bweru, commune Ruyigi, province de Buhumuza. Le site est entouré de quatre villages, à savoir Rutegama, Monge, Ruhuma et Nyagonga. Il s’étend sur une superficie d’environ 52 hectares et accueille actuellement près de 66 000 réfugiés congolais.
En arrivant sur place, une forte odeur se dégage du camp. Les latrines sont saturées et le nombre élevé de réfugiés rend leur utilisation difficile. Sur l’ensemble du site, il n’existe qu’un seul bloc sanitaire par zone, une situation qui provoque des débordements permanents. Ce manque criant d’infrastructures sanitaires entraîne une insalubrité généralisée et favorise la propagation de maladies.
Les conditions de vie restent tout aussi alarmantes. De nombreux réfugiés dorment à même le sol, souvent sur les pentes des collines jugées plus propres, sans tente ni couverture. Les personnes les plus vulnérables, notamment les enfants en bas âge et les nourrissons, succombent parfois au froid et à la pluie, faute d’abris adéquats. À cette précarité s’ajoute la famine, conséquence directe de l’insuffisance de nourriture.
Au fil des jours, des colonnes de réfugiés se forment à en perdre la vue, se dirigeant vers les villages voisins à la recherche de quoi se nourrir. Une situation qui inquiète fortement les habitants des environs, craignant que les maladies liées à l’insalubrité ne se propagent jusque dans leurs quartiers.
La situation sanitaire jugée alarmante par l’UNICEF
Cette situation sanitaire préoccupe vivement l’UNICEF. Dans un communiqué publié ce mardi 6 janvier, l’organisation indique que les capacités de prise en charge médicale sont largement insuffisantes, alors qu’une épidémie de choléra est en cours.
Selon l’UNICEF, les services de santé à Busuma sont gravement surchargés. Une seule clinique mobile assure chaque jour entre 1 500 et 2 000 consultations, principalement pour des cas de paludisme et de diarrhée sévère. L’organisation précise que les capacités de diagnostic sont limitées, tout comme le nombre de lits d’hospitalisation et les possibilités d’orientation vers des structures spécialisées.
D’après l’UNICEF, cette situation s’inscrit dans un contexte d’épidémie de choléra en cours. Le dernier décompte épidémiologique communiqué par l’organisation, en date du 29 décembre 2025, fait état de douze cas recensés sur le site de Busuma.
L’UNICEF indique avoir fourni quatre tentes destinées aux centres de traitement du choléra ainsi que 7 500 doses d’antibiotiques. Toutefois, l’organisation souligne que les besoins restent importants, notamment en matière de renforcement des cliniques mobiles, de disponibilité de médicaments et de fournitures médicales essentielles, ainsi que de développement des services d’ambulance et de la surveillance des maladies.
Toujours selon l’UNICEF, l’accès à l’eau potable demeure extrêmement insuffisant, avec environ 1,6 litre par personne et par jour à Busuma, un niveau largement inférieur aux normes humanitaires, favorisant la propagation des maladies hydriques, dont le choléra.
Sur le plan nutritionnel, l’UNICEF alerte sur des risques critiques pour les enfants de moins de cinq ans ainsi que pour les femmes enceintes et allaitantes. L’organisation signale une hausse des admissions pour malnutrition aiguë sévère et indique que l’absence de fournitures pour la prise en charge de la malnutrition aiguë modérée accroît le risque d’une détérioration rapide de l’état de santé.

