Petit à petit on peut….

Christophe Hakizimana, jeune burundais âgé de 29 ans, vit très dignement avec un bel emploi de bureau au Kenya, son pays d’accueil. Il est très satisfait de sa situation actuelle. Une étape franchie après avoir fait beaucoup d’autres jobs moins rémunérateurs et peu considerés.

Christophe Hakizimana travaille à Nairobi dans la commune Karen. Il nous parle de son parcours pour arriver au Kenya, son pays actuel d’accueil : ‘’ J’ai quitté le Burundi en 2017, je me suis d’abord réfugié chez ses amis à Ngara en Tanzanie pendant deux mois, puis en Ouganda pendant une semaine, et enfin à Nairobi.’’

Christophe était chanteur. Arrivé au Kenya, il a essayé de se familiariser avec les gens déjà adaptés à ce pays pour l'orienter sur quoi faire : ‘’ Ici au Kenya, j’ai eu des difficultés au début. J’ai d’abord travaillé comme aide-maçons sur des chantiers. Je gagnais 300 francs kenyans, j’en consommais 50 ou 60 francs par jour. Cette petite épargne que je faisais m’a été d’une grande utilité. J’ai du abandonner ce boulot car il était trop fatiguant. Par la suite, j’ai trouvé un autre travail. Je jouais de la musique à l’église .’’

Christophe vient enfin de passer près d’une année dans une usine de distribution du gaz dans cette ville kenyanne. Il se réjouit car il gagne le triple de son revenu d’avant : ‘’Je ne fais plus de la musique à l’église. Le pasteur de l’église m’a montré un autre emploi après une année au service de l’église. Aujourd’hui je travaille dans une usine à gaz pour la cuisson des aliments depuis 11 mois. Je suis secrétaire dans la compagnie Regards; je suis chargé de recevoir les personnes qui viennent charger du gaz et donne rapport sur les quantités vendues. Je gagne le triple de ce que je gagnais avant.’’

Et ainsi le jeune réfugié parvient à faire des économies et à aider ma famille restée au Burundi. Satisfait de sa situation financière, Christophe Hakizimana prévoit de se marier dans une  année .

Christophe dit avoir toutefois fait face à des difficultés de travail une fois engagé dans cette société de vente de gaz. Utilisant le Swahili et l’anglais comme langues de travail, langues que le jeune burundais ne les maitrisait pas.

Christophe Hakizimana conseille aux autres personnes et surtout les réfugiés de ne pas sous estimer un travail ni de désesperer en cas d’échec. Car explique-t-il, l’échec peut constituer une leçon de vie qui te pousse à chercher davantage et se debrouiller. Et de conclure par ce témoignage : ‘’Je n’aurais jamais rêvé de travailler dans un bureau pareil, au regard de mes difficultés en début d’éxil.’’

Article de presse sur l’émission Turiho du 12 Mai 2020. Avec le soutien de la Wallonie-Bruxelles International.