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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Malgré l’exil, Marguerite Barankitse ne fléchit pas dans son action humanitaire

La volonté de briguer un troisième mandat de l’ancien Président du Burundi feu Pierre Nkurunziza a sombré le pays dans une des crises politique, sociale et économique les plus redoutables qu’ait traversé le pays depuis la crise de 1993. Des milliers de burundais impuissants, ont dû quitter leurs familles, leurs biens, d’autres ont vu leurs rêves s’écrouler et le travail de plusieurs années disparaitre d’un claquement de doigt. L’exil a eu raison de certains mais d’autres en ont fait une motivation. C’est le cas de Marguerite Barankitse, une des figures emblématiques du Burundi dans le domaine humanitaire, fondatrice de la maison Shalom. Aujourd’hui exilée au Rwanda, Marguerite nous parle de ses projets.

RPA: Quelles étaient les principales activités de votre fondation ?

Marguerite Barankitse : Nous avions 3 programmes à la maison Shalom. D’abord le programme de développement communautaire, ensuite l’éducation et enfin le domaine de la santé. Nous étions parvenus à construire un hôpital de référence au Burundi avec du matériel moderne et à faire plusieurs partenariats internationaux avec des hôpitaux dont la France, la Belgique, le Canada, la Hollande qui nous envoyaient régulièrement des gynécologues, des chirurgiens, des médecins orthopédistes et des médecins formateurs pour nos médecins locaux. C’était le seul hôpital au Burundi à disposer de plus de 40 couveuses avec aussi une école de médecine d’excellence qui permettaient aux nouveaux médecins de travailler directement après leurs études. Des gens venus de la Tanzanie, de la RDC, et de différentes autres provinces du Burundi venaient se faire soigner à l’hôpital Rema. Mais aujourd’hui, tout a été détruit, saccagé, il ne reste que de la poussière.

A part tout ça, nous avions créé un mouvement de coopératives qu’on avait appelé « Girubuntu » qui regroupait plus de 27 petites coopératives dans trois provinces dont Cankuzo, Ruyigi et Rutana. Ces coopératives permettaient à plus de 10.000 familles burundaises de vivre et d’investir dans leurs propres activités

RPA: Aviez-vous d’autres projets ?

Marguerite Barankitse : Nous avions eu l’autorisation de faire de l’hôpital REMA, un hôpital universitaire. Nous étions soutenus par l’Université de Suisse, de la Caroline du Nord, de Seattle et d’autres qui allaient dépêcher des spécialistes pour former des médecins burundais et leur permettre de faire leur troisième cycle au Burundi mais tout n’est devenu qu’un souvenir. A part des coopératives qu’on avait en place, nous étions en phase de transformation de ces coopératives en une grande banque avec l’aide de la grande Banque de Suisse.

RPA: Avec toutes ces pertes, que ressentez-vous ?

Marguerite Barankitse : Je ne ressens que de la peine. Ce n’est pas seulement la maison Shalom qui a perdu mais tout le Burundi. Pensez à tous les employés de l’hôpital, de l’orphelinat, des coopératives qui ont tous perdu leur travail d’un coup. Prenez par exemple, au niveau de l’hôpital, nous avions plus de 327 employés dont des médecins, des infirmiers, des plantons, tous payés, et aujourd’hui il m’arrive parfois de me demander leurs sorts. Pensez aujourd’hui à tous ces orphelins dont la maison Shalom était tutrice qui n’ont plus de repères aujourd’hui.

RPA: Ca fait déjà 5 ans que vous êtes en exil, où en êtes-vous aujourd’hui ?

Marguerite Barankitse : Je remercie Dieu de m’avoir donné des amis fidèles qui ne cessent de me soutenir et d’être là en permanence. Aujourd’hui, les mêmes personnes qui avaient pour mission de nous soutenir quand nous étions au Burundi, sont toujours prêtes à nous soutenir. Nous avons acquis des terres qui nous permettrons de construire des centres ou pourquoi pas l’université Rema. (Rires)

RPA: Quels sont vos projets futurs ?

Marguerite Barankitse : Nous avons déjà fait un long cheminement et on ne compte pas en rester là. Nous avons pu acheter une grande ferme de 8 hectares à Mahama. Nous comptons le reconstruire et investir dans un élevage moderne. Ça fait aussi deux ans que nous avons initié le centre Elite center au camp de Mahama avec une bibliothèque, une maison de formation à la couture et nous comptons très prochainement y ajouter un cyber avec plus de 80 ordinateurs pour permettre aux réfugiés étudiants burundais de suivre des cours en ligne. Nous avons eu un frère rwandais qui nous a prêté un grand terrain à Nyamata et on compte aussi y introduire des cultures. Nous allons aussi construire une école maternelle qu’on va appeler « GIRITEKA » et une école de cuisine. Nous ne nous décourageons pas et nous allons prouver que malgré les circonstances, nous nous rendons utiles là où nous sommes.

RPA: Un mot pour les frères burundais qui sont restés au pays

Marguerite Barankitse : Je leur dis ‘’Ne vous découragez pas, prenez courage et restez sereins. Surtout luttez pour vos droits et protégez-vous les uns les autres. Travaillez dur puisque le Burundi et un beau pays et tôt ou tard nous savons que la situation va se rétablir.’’

Aux autorités burundaises ‘’Souciez-vous du bien du peuple, servez le peuple avec humilité et honnêteté et protéger leurs droits. Tout ce que l’on fait en exil c’est pour qu’un jour, on puisse rentrer fier et montrer que nous avons rendu fier notre pays également !’’

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