Vers la normalisation des relations entre Gitega et l’UE ?

Gitega reconnait les faits qui sont à la base du froid qui a conduit aux sanctions lui infligées par l’Union Européenne et promet d’en discuter pour les vider. C’est en substance le contenu du mot liminaire prononcé ce mardi lors de l’ouverture solanelle du dialogue entre l’UE et le gouvernement du Burundi. Pour l’UE, le plus important est la mise en pratique de ces résolutions et non les promesses.

Dans son mot liminaire, le ministre des relations extérieures qui a représenté le Burundi  a beaucoup insisté sur l’Accord de Cotonou que le Burundi a ratifié le 23 juin 2000, et plus précisément sur l’article 8 alinéas 2 qui prône un dialogue politique sur toutes les questions d’intérêt mutuel ayant pour objectif d’encourager la compréhension mutuelle et un soutien réciproque caractérisé par une plus grande suplesse dans l’allocation des ressources.

L’Ambassadeur Albert Shingiro a également reconnu que son gouvernement connait très bien les faits qui ont été à la base du froid qui a caractérisé les relations entre le Burundi et l’UE depuis 2015 ayant aboutis à l’imposition des mesures contraignantes à l’égard du Burundi. Et Albert Shingiro de préciser que, au besoin, son gouvernement porra y revenir, mais sans toutefois y mettre plus de temps et d’attention car, selon, il s’agit d’une page en train d’être tournée afin de se concentrer sur le développement du pays.

De son côté, le représentant de l’Union Européenne a félicité le Burundi pour ce pas franchi notamment en acceptant de dialoguer sur les points à l’origine de ce gel des relations. Néanmois, l’Ambassadeur Claude Bochu a tenu a rappeler que ce n’est pas la première fois qu’il entend ce genre de discours de la bouche des différentes autorités du pays, en l’occurrence le président de la République, et a recommandé de les concrétiser car pour lui, tout est posible si on y met de la volonté. Et Claude Bochu de faire un clin d’œil au gouvernement de Gitega, dans un langage très diplomatique, pour qu’il procède à la réouverture des médias burundais sous sanctions. ‘’ Je constate qu’il faudrait des tables plus grandes pour accueillir tous les micros des journalistes. C’est dire que nous y sommes très attentif et que nous portons un grand intérrêt, intérieur et extérieur, au climat dans lequel aura lieu cette reprise de dialogue politique.’’ A souligné l’Ambassadeur Claude Bochu.

L’U.E serait-elle sur le point de céder aux séductions de Gitega ? 

Dans une corespondance que le Mouvement d’Action Patriotique, MAP Burundi-Buhire, a adressé ce mardi 02 février à la Présidente de la commission Européenne, il a rappelé que la situation ayant poussé l’Union Européenne à imposer des sanctions contre Gitega persiste encore. Pour eux, les  pratiques du gouvernement Ndayishimiye font jusqu’à présent état d’un statu quo. 

Par ailleurs, selon cette correspondance adressée à Ursula Von Der  LEYEN, présidente de la Commission Européenne, l’Accord d’Arusha a été enterré par le pouvoir en place et les responsables politiques de l’opposition ne cessent d’être malmenés, torturés, emprisonnés et certains sont même assassinés. Le Mouvement MAP-Burundi-Buhire n’a pas manqué de souligner que les exécutions extra-judiciaires dont toujours monnaie courante, et ce dans toutes les couches de l a société burundaise. Des centaines de milliers d’autres burundais, lit-on dans la meme correspondance, mènent une vie misérable dans les camps de réfugiés dans les pays voisins et continuent d’être harcelés par le pouvoir de Gitega, en particulier ceux qui se trouvent enTanzanie, en Ouganda et en RDC.  

De surcroit, souligne le mouvement MAP-Burundi Buhire, plusieurs responsables politiques de l’opposition sont toujours en exil, sans que le pouvoir de Gitega ne tente d’amorcer un dialogue, en vue du rétablissement de la paix totale et la sécurité pour tous.

Tout compte fait, le mouvement MAP-Burundi Buhire estime que ce n’est pas le bon moment pour rétablir les rapports de coopération avec le gouvernement du Burundi. Avant toute discussion, ce dernier devrait dépasser les déclarations d’intention et poser des gestes concrets visant à restaurer la confiance des burundais et de la communauté internationale.

Ce Mouvement rappelle également à l’Union Européenne le rapport de la Commission d’Enquête sur le Burundi qui avait conclu, en septembre 2020, que les violations massives des droits de l’homme, des crimes contre l’humanité, des exécutions extrajudiciaires, tortures et autres mauvais traitements inhumains, cruels et dégradants, commis par les forces de sécurité et les membres de la milice Imbonerakure à l’égard des opposants ou supposés comme tel, se poursuivaient avec plus d’intensité sous le pouvoir de Ndayishimiye.

Et le mouvement MAP Burundi Buhire de déduire que les déclarations que le Président Ndayishimiye a lancées envers les médias et les partis politiques n’ont qu’une seule visée à savoir celle de séduire la communauté internationale, en particulier l’Union Européenne, afin que cette dernière lève les sanctions imposées au Burundi

Le Mouvement MAP Burundi Buhire rappelle en conclusion à la communauté internationale, dont l’Union Européenne, sa responsabilité de protéger, et l’invite à demander au gouvernement du Burundi de lancer un processus de restauration de la paix et la stabilité, à travers un dialogue entre les acteurs politiques, les medias et la société civile comme l’avait demandé le Président du conseil de sécurité des Nations Unies.