Une mort qui divise

La communication sur la mort du président Pierre Nkurunziza n’a pas été chose facile pour le gouvernement burundais. Depuis la mort de Nkurunziza lundi dans l’après-midi jusque mardi soir, le silence était total. Pendant ce temps, certains conseillers du président entretenaient le flou sur les réseaux sociaux.

Depuis le début des rumeurs sur l’hospitalisation et le décès de Pierre Nkurunziza, les différentes institutions du pays et les communicants du régime se sont murés dans le silence. Lorsque la nouvelle s’est répandue comme une trainée de poudre et même relayée par les médias internationaux, les conseillers du président ont apporté des démentis sur les réseaux sociaux. Willy Nyamitwe, conseiller en communication du président, appelait les burundais à faire attention à ce que la rue raconte car, dit-il, la manipulation de l’information est devenue un modus operandi Selon Willy Nyamitwe, ils sont de braves hommes et femmes, prêts à braver tous les obstacles, inspirés par celui qu’il appelle ‘’le grand bâtisseur’’, en l’occurrence Nkurunziza.

Un autre conseiller du président, Lionel Nubwacu, attribuait les messages qui circulaient sur les réseaux sociaux aux détracteurs et extrémistes de tous bords. Le conseiller chargé de la communication à la présidence, l’ambassadeur Willy Nyamitwe, dans un deuxième tweet, il a qualifié ceux qui étaient en train d’annoncer la mort de Nkurunziza d’ennemis de la nation. Et de poursuivre en faisant savoir à ceux qu’il a appelé ‘’des détracteurs du Burundi après moult défaites dans leurs actes irréfléchis depuis 2015’’, que toute leur attention était focalisée sur la préparation des sénatoriales et collinaires.

Et, pendant que ces rumeurs sur la mort du président Nkurunziza se répandaient de plus en plus, 3 groupes se sont formés pour voir comment gérer la suite, mais chacun de son côté, au lieu de s’asseoir ensemble pour trouver une solution commune. Les informations en notre possession révèlent que le premier groupe était composé par le célèbre groupe des généraux. Quant aux membres qui composaient le second groupe, l’on peut citer le président de l’assemblée nationale et le deuxième vice-Président de la République. Le troisième et dernier groupe était composé du ministre de la santé publique et de la lutte contre le sida, le porte-parole du gouvernement ainsi que de l’ancien porte-parole du gouvernement actuellement porte-parole de la Commission électorale nationale indépendante, CENI. Selon nos sources, ce troisième groupe s’était réuni juste pour recevoir des directives provenant des deux premiers groupes ci-haut cités afin de pouvoir rédiger un communiqué, lequel communiqué a finalement été rendu public l’après-midi de ce mardi 09 juin.

Selon les mêmes sources, ce sont ces tractations en différents groupes qui seraient à l’origine d’un manque de consensus sur la présidence intérimaire.