Les réfugiés burundais rejettent l’appel leur lancé par le président fraichement proclamé par la CENI

Les burundais qui se sont exilés dans différents pays étrangers disent être indignés par le discours d’Evariste Ndayishimiye, candidat du parti CNDD-FDD au fauteuil présidentiel que la CENI a déclaré vainqueur des élections de mai 2020. Dans son allocution, Evariste Ndayishimiye a exhorté les burundais en exil à se dévêtir de la honte d’être ainsi appelés en rentrant au Burundi. Des propos que ces burundais qualifient de déplacés car provenant d’un pouvoir qui les a contraint à quitter leur pays natal.

« J’ai été surpris. Il n’y a pas d’humiliation à être réfugié. Je voudrais d’abord lui rappeler que, si nous avons fui, ce n’est pas à cause de nos erreurs, mais plutôt à cause de la répression de ce système. Et, aussi longtemps que continuera à opprimer les opposants, nous ne sommes pas prêts à retourner chez nous. » S’exprime un des burundais réfugiés au camp de Mahama au Rwanda.

La réaction est identique pour les burundais vivant dans le camp des réfugiés de Lusenda situé en République Démocratique du Congo. Pour eux, la remise et reprise du pouvoir entre Nkurunziza et Ndayishimiye  ne va remédier en rien à l’oppression du parti CNDD-FDD dont ils sont victimes.

« L’appel lancé par le Général Evariste Ndayishimiye ne nous dit rien car beaucoup d’entre nous ont fui l’oppression et la dictature du parti CNDD-FDD, et plus particulièrement la jeunesse du parti au pouvoir, Imbonerakure. Je pense qu’aucun réfugié burundais ne peut penser à rentrer tant que le Burundi est encore sous l’égide de ce parti.» Se désole-t-il.

Les burundais des différents camps de réfugiés se trouvant sur le sol tanzanien, de même que ceux vivant au camp de Nakivale situé en Ouganda indiquent que les blessures leur infligées par le pouvoir du CNDD-FDD ne sont pas encore cicatrisées pour qu’ils oublient leurs auteurs.