Le Burundi coupé de plus en plus du reste du Monde

La politique étrangère d’Evariste Ndayishimiye est, jusqu’ici, quasiment similaire à celle de son prédécesseur.  A part un apparent renforcement des relations avec la Tanzanie, la diplomatie et la politique étrangère des 100 premiers jours de règne du nouveau chef de l’Etat burundais n’ont pas beaucoup bougé.

Une diplomatie musclée et politisée. C’est comme cela qu’Evariste Ndayishimiye a qualifié la politique diplomatique de certains pays occidentaux qui se substituent, selon lui, à la communauté internationale pour oppresser d’autres pays. Il intervenait à la 75ème session de l’assemblée générale des Nations Unies ce jeudi 24 septembre. Comme son prédécesseur, Evariste Ndayishimiye ne comprend pas pourquoi le Burundi reste sur l’agenda du conseil de sécurité des Nations Unies alors qu’il ne constitue pas une menace à la sécurité internationale. Un jour avant son intervention, le représentant du Burundi à Génève s’était demandé si le conseil des droits de l’homme n’était pas un organe de politisation des droits de l’homme au lieu de les protéger et de les promouvoir. Il réagissait à la présentation du rapport de la Commission d’Enquête sur le Burundi qui incriminait le gouvernement du CNDD-FDD de continuer de commettre des violations des droits de l’homme. Les relations entre le Burundi et son voisin le Rwanda ne se sont pas non plus améliorées. Dans une conférence publique de ce vendredi, Evariste Ndayishimiye l’a répété, ‘’le Burundi ne peut pas avoir des relations avec un Etat qui héberge les opposants au régime burundais’’. Le président rwandais a récemment déclaré que le gouvernement du Burundi avait rejeté la main qu’il lui avait tendue pour renouer de bonnes relations.

Même s’il y a des tentatives de rapprochement entre l’Union Européenne et le nouveau président Evariste Ndayishimiye, les sanctions relatives à l’aide directe au gouvernement burundais sont toujours maintenues par les 27 pays.

Contrairement aux autres pays, la Tanzanie semble plus avancée au niveau du renforcement des relations avec le Burundi. Evariste Ndayishimiye a choisi ce pays pour effectuer sa première visite officielle hors du pays le 19 septembre dernier. Sur l’agenda figurait entre autres, selon le président tanzanien John Pombe Magufuli, les discussions sur la mise en place d’un grand comptoir commun du Nickel dans la ville de Kigoma.