La Regideso, victime d’un gel d’actions de Gitega à Kigoma

Des ambitions géostratégiques de Ndayishimiye et Magufuli pour des intérêts sectaires seraient à l’origine de la volonté du haut sommet de l’Etat burundais de privatiser la société Regideso.

Les premiers signes avant-coureurs apparaissent lors du tout premier déplacement du numéro un Burundais à l’étranger depuis son investiture. Son discours tenu à cette remarquable occasion peint a grandes touches les raisons du choix de la Tanzanie parmi les autres pays de la planète. Evariste Ndayishimiye a expliqué qu’à ses yeux son homologue tanzanien John Pombe Magufuli est son père. Le voyage vers son protecteur visait donc l’imploration d’un parrainage centre surtout sur la gestion des affaires macro-économiques. ‘’La Tanzanie est notre mère-patrie. Votre excellence monsieur le président, si vous me voyez ici, c’est parce que je vous considère comme mon père. Vous savez bien que le Burundi est un pays enclavé. La Tanzanie a eu pitié de nous et nous a donné accès au port de Dar-Es-Salaam. De notre côté, le Burundi est prêt à travailler d’arrache-pied pour montrer qu’il mérite cette faveur. C’est pour cette raison que je suis venu ici pour que vous me disiez ce que je dois faire’’, a  déclaré Evariste Ndayishimiye lors de cette visite officielle.

De sa part, le président tanzanien a mis les points sur les i dans son discours d’accueil. Le calcul rationnel de l’entretien à huis clos avec Evariste Ndayishimiye est polarisé sur l’extraction et la commercialisation des minerais du Burundi, et surtout du Nickel. ‘’Les points à l’ordre de notre tête-à-tête vous seront annoncés ultérieurement. Mais je vais tout de même vous faire part de certains points saillants. Aujourd’hui, nous allons voir ensemble comment les minerais du Burundi tel l’or et d’autres pourront être vendus ici à Kigoma. La Tanzanie a déjà construit des comptoirs. Mais en premier lieu, nous allons mettre en place un une raffinerie commune du Nickel. Un autre point qui sera à l’ordre du jour concerne la construction d’un chemin de fer qui partira de Uvinza vers Gitega en passant par Musongati. Ce railway nous permettra d’accumuler le Nickel du Burundi ‘’, a précisé Dr John Pombe Magufuli.

Gitega sur le point de céder à Kigoma une partie de ses actions au sein de la Regideso

Des accords auraient déjà été conclus entre le pouvoir du Cndd-Fdd et le parti au pouvoir en Tanzanie Chama Ca Mapinduzi (CCM), selon des sources dignes de foi de la RPA. Le Premier ministre burundais a corroboré cette révélation lors de sa visite effectuée à la société Regideso en date du 14 octobre 2020, un mois seulement après la visite du numéro un burundais en Tanzanie. ‘’ Les industries n’utilisent pas du vent ni de l’engrais. Les industries utilisent de l’électricité. Nous devons alors produire de l’énergie électrique suffisante, à défaut duquel nous ne pouvons extraire des minerais. Vous comprenez donc que vous êtes le noyau ‘’, a mis en garde le personnel de la Regideso Alain Guillaume Bunyoni.

Selon les observateurs avisés qui suivent de près cette affaire, de grands investisseurs tanzaniens seraient les potentiels héritiers, et viseraient surtout le service électricité de la Regideso. Selon les mêmes sources, l’entreprise favorite serait l’Interpetrol. Sous l’égide du régime Cndd-Fdd, cette société privée a déjà décroché un marché de grande envergure auprès de l’entreprise étatique Regideso. Les actionnaires principaux de l’Interpetrol sont de hautes personnalités tanzaniennes, dont un des anciens chefs de l’Etat de ce pays.