Gitega préparerait-il un scandale diplomatique contre Kigali ?

Le gouvernement burundais et certains responsables des partis politiques aliés lancent des menaces à l’endroit du Rwanda et des politiciens burundais en exil. C’est du moins le contenu d’une émission télevisée qui a passée sur la RTNB le 12 Août soir. Une émission qui était centrée sur la récente lettre adressée au président burundais par certains réfugiés du camp de Mahama au Rwanda.

Les invités de l’émission étaient Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministère de l’intérieur, de la sécurité et du développement communal, Jacques Bigirimana, président du parti FNL et Anicet Niyonkuru, président du parti CDP.

Tous ces trois invités s’accordent que la sécurité est bonne au Burundi et sont convaincus que la reprise de la coopération entre le nouveau gouvernement de Gitega et la communauté internationale est effective. D’où ils en appellent au retour de tous les refugies.

Ici, Anicet Niyonkuru a beaucoup ciblé les autres politiciens qui ne se sont pas encore résolus à rentrer au bercail. « Depuis notre retour au pays, moi et toute l’équipe qui m’accompagnait sommes sains et saufs. Même ceux qui sont descendus dans les rues pour manifester ou ceux qui s’étaient enrôlés dans des soi-disant mouvements rebelles n’ont jamais été inquiétés. J’aimerai alors inviter tous ces politiciens encore en exile à m’emboîter le pas en se rappatriant. Je peux les rassurer que leur sécurité sera assurée. »

Pierre Nkurikiye, dit, quant à lui, regretter le fait que ce retour reste handicapé par le Rwanda et certains politiciens ayant des mandats d’arrêt internationaux qui prennent en otage les réfugiés. Le porte-parole du Ministère de l’intérieur et de la sécurité publique s’est alors mis à lancer des boulets rouges au Rwanda qu’il a par ailleurs menacé de traduire en justice. « Je voudrais les informer qu’ils ne pourront pas les garder éternellement. Tôt ou tard, les réfugiés devront rentrer, de gré ou de force. Le Rwanda devrait se réjouir de voir qu’on le décharge de son fardeau qu’est les réfugiés burundais. Du moins, c’est ce que l’on pensait. Les réfugiés qui ont signé sur la liste en demandant de rentrer sont plus de 300. A ceux-là s’ajoutent 599 autres qui ont signé sur la deuxième liste qui vient de nous parvenir. Leur sécurité doit être assurée. Nous avons leurs noms et leurs numéros d’ identification. Nous allons vérifier si tous ces réfugiés sont arrivés au Burundi. Si il en manque un seul, nous allons porter plainte contre le Rwanda. »

De son côté, Jaques Bigirimana supplie le Rwanda de ne pas se comporter comme un demi-Dieu. « Nous demandons au Rwanda de cesser de se prendre comme un pays hors du commun qui ignore les lois internationales et qui ne cesse de violer les droits de l’homme. Qu’ils laissent les burundais rentrer chez eux. Le fait qu’ils ont demandé exile au Rwanda ne fait d’eux des rwandais. »

Quant aux politiciens burundais et toute personne ayant un mandat d’arrêt, leur sort est connu. Ils doivent rentrer pour être traduits en justice au lieu de prendre en otage leurs concitoyens. « Nous demandons à nos confrères burundais qui se sont réfugiés après avoir commis des infractions d’arrêter de prendre en otage les autres en les empêchent  de rentrer. Qu’ils mettent fin à ce projet. Même leurs partenaires ont félicité l’Etat du Burundi. Qu’ils les laissent alors rentrer. La justice se chargera de leurs cas une fois rentrés. Et gare à ceux qui ne s’exécuteront pas. Nous suivons de près tous leurs propos et actions. Qu’ils sachent que ce qu’ils font aujourd’hui s’ajoutera aux infranctions pour lesquelles ils sont déjà poursuivies. » Prévient Pierre Nkurikiye.

De sa part, Jacques Bigirimana demande au gouvernement d’accélerer les procès de ces politiciens.

Concernant cette question qui pause polémique, une réunion a été tenue le lendemain de l’émission entre les représentants du HCR dans les deux pays ainsi que les cadres des ministères des deux pays en charge des réfugiés. Il a été alors convenu que le 1er convoi de burundais qui désirent rentrer quitte le territoire rwandais le 27 courant. Selon les informations fournies à la RPA par le HCR Rwanda, l’enregistrement sera volontaire et individuel et les listes déjà confectionnées ne seront pas prises en considération.