Gitega décidé à mettre sur pied un fichage ethnique

Le gouvernement du Burundi renforce les doutes quant à l’objectif du recensement général des travailleurs du Burundi. Expliquant au début que ce recensement ne concernait que les fonctionnaires de l’Etat pour actualiser la base de données de ses salariés, le gouvernement vient de décider de mener le même recensement pour les employés du secteur privé. Un recensement qui exige l’identification ethnique de chaque employé.

Au début de ce recensement qui a commencé en date du 26 du mois dernier d’Octobre, la ministre de la fonction publique Domine Banyankimbona, a expliqué qu’il permettra au gouvernement de mettre à jour les données des fonctionnaires rémunérés par l’Etat en vue d’une gestion rationnelle. ‘’Pour l’Etat, le but est d’abord d’avoir des données fiables de tous les fonctionnaires mais aussi leurs cahiers de charges. Ainsi, on saura qui fait quoi. L’Etat pourra alors bien planifier et rationnaliser ses travailleurs. Ainsi, il sera facile à l’Etat de planifier ses ressources humaines,  mais aussi maitriser la masse salariale.’’

Un argument qui n’a pas été convaincant vu les questions auxquelles les recensés sont appelés à répondre, particulièrement celle sur l’ethnie de chaque fonctionnaire.

Aujourd’hui, le gouvernement Ndayishimiye sème le doute quant à l’objectif du recensement. Alors qu’au début il parlait d’une mise à jour de données sur ses salariés, le conseil des ministres de ce vendredi 13 novembre a décidé d’étendre ce recensement comportant l’identification ethnique au secteur privé. ‘’ Comme perspective d’avenir, la note propose l’extension du recensement aux sociétés mixtes et au secteur privé.’’ Dixit Prosper Ntahorwamiye, Secrétaire Général et porte-parole du gouvernement.

Cette annonce renforce les inquiétudes qui avaient été soulevées au début de cette campagne de recensement. Plus d’un se demande à quelle fin servira cette identification ethnique de tous les travailleurs du Burundi. Des inquiétudes fondées sur le passé douloureux du Burundi, endeuillé par des conflits interethniques sans oublier la vulnérabilité de toute la région liée à cette fibre ethnique que le régime Ndayishimiye met en exergue.