Des officiers de l’armée burundaise gradés par affinités

Le Burundi vient de se doter de 8 nouveaux généraux militaires. Ce qui porte à plus de 60, le total des généraux militaires et policiers. Un grade qui, selon nos sources du secteur de défense et de sécurité du pays, a été banalisé car octroyé sans aucun respect des critères qui le régissent.

L’armée burundaise compte aujourd’hui autour de 30.000 hommes. Ce qui fait que cette armée ne devait pas dépasser au maximum 26 officiers du rang des généraux, tous les échelons confondus, nous font savoir les professionnels militaires qui se réfèrent aux critères d’octroi de ce grade.

L’échelon inférieur des Généraux étant le Général de brigade, dans les normes militaires, un Général de brigade doit avoir au minimum 3 bataillons, c’est-à-dire autour de 1.500 militaires. Avec l’effectif de militaires burundais, les généraux de brigade ne devraient pas être au-delà de 20 au total.

Suit l’échelon de Général Major, un officier supérieur qui devrait être au-dessus de 3 brigades. Sur ce donc, les généraux Major devraient être au maximum 6 dans toute l’armée burundaise.

Au 3ème échelon se trouve le grade de Lieutenant-Général, qui doit avoir en charge une division. Et, compte tenu de la répartition précédente, les lieutenants généraux devraient être deux seulement au Burundi.

L’échelon supérieur est le Général 4 étoiles, également dit Général full. Seul le chef de l’armée, à l’instar du chef d’Etat-Major, peut être promu à ce grade, et là aussi en considération de la situation de cette armée : son organisation, ses équipements, et autres. De ce fait, nos sources parmi les professionnels du domaine militaire estiment que le Burundi ne mérite pas encore des officiers Général full même s’il en compte deux actuellement.

A côté de ces critères techniques, un officier, pour être promu général, est censé être irréprochable dans son comportement car élevé à un rang spécial avec un statut honorable. Il doit aussi avoir un certain niveau de formations.

Un général dispose aussi d’un rang politique qui lui fait valoir un traitement spécial jusqu’à la fin de sa vie, car il est censé ne plus exercer aucune autre fonction après sa retraite.

A leurs pensions, les généraux devraient intégrer un conclave de généraux. Un organe censé être régulièrement consulté par les responsables de la défense du pays pour des analyses et suggestions sur les plans et stratégies militaires du pays.  

Actuellement, le Burundi compte plus de 60 généraux, sans aucun statut officiel qui les régissent car le statut des forces armées ne concerne que le reste des militaires, de la 1ère classe au grade de colonel, soulignent nos sources.

Au Burundi, un général sans fonction particulière qui lui vaut une certaine considération touche moins de 700.000 francs burundais. De temps à autres, ces généraux reçoivent des enveloppes du président de la République. De l’argent qui n’est ni justifié ni marqué quelque part, mais donné juste selon le vouloir du président de la République.

En cas de retraite, juste une somme très minime leur est donnée mensuellement, sans intendance alors qu’il était censé en avoir dès sa promotion au grade de Général jusqu’à la fin de ses jours.