Burundi-UE, un rapprochement si éloigné

Bâtir un Etat de droit digne de ce nom, est la condition sine qua non exigée   au  gouvernement du Burundi  pour qu’il  puisse  espérer la normalisation des relations avec l’Union Européenne. Cette proposition commune  est sortie des échanges  de ce mardi 16 mars entre parlementaires européens sur la situation du Burundi. Les participants ont conclu qu’il serait insensé de lever les sanctions prises  contre le Burundi, tant que les droits de l’homme continuent à être violés.

’Ce serait  croire à un miracle en ce qui est  de la cessation des violations des droits de l’homme au Burundi.’’ Dixit Françoise Hamson au cours de l’échange organisé ce 16 mars  par le parlement  européen, dans le but d’analyser l’état d’avancement du processus  de la levée  des sanctions prises contre le Burundi.

Hamson a été invitée dans cet échange  comme membre de la commission d’enquête  sur le Burundi. Selon elle, le gouvernement du Burundi ne devrait pas  recevoir  de l’argent sans qu’il y ait un suivi. ‘’ Il ne suffit de débloquer des fonds. Il faut travailler sur le terrain avec des organisations sur place. Sinon signer des chèques, non. N’attendez pas de miracles car c’est une situation qui ne va pas se résoudre très bientôt.’’ A-t-elle souligné.

Et Françoise Hamson de conclure qu’il n’est pas encore  temps de  lever des sanctions prises contre le Burundi, car ça  serait une façon de décourager les défenseurs  des droits de l’homme au Burundi.

Le vice –président  chargé des relations  au département  du parlement européen en Afrique centrale, était également  présent  au cours de ces échanges. Van Jean Baptiste  a indiqué qu’il y a  un pas franchi par le Burundi, un pays  pourtant caractérisé par  une impunité au plus haut niveau.

’C’est vrai, il y a eu une libération de prisonniers.Et même si parmi eux, il n’y avait pas des prisonniers politiques, c’est quand même un pas que l’on doit encourager. De notre côté, nous encourageons les progrès et  encourageons le Burundi à respecter ses engagements. C’est vrai que nous sommes inquiets des restrictions à la démocratie. Je voudrais rappeler la condamnation par contumace de 34 personnes dont des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme. Les atteintes aux droits de l’homme se font dans une impunité totale, et on craint que cela ne change pas.’’

Dans son mot liminaire, Irène  Mingasson, ambassadrice de l’UE au Sénégal a  fait savoir que l’Union Européenne devrait  mettre en place une feuille de route  visant à renouer  les relations  avec  le Burundi, en mettant un accent particulier sur le respect  des droits de l’homme. ‘’ Il appartient à l’Union Européenne d’établir une feuille de route avec le Burundi pour définir les conditions dans lesquelles il pourrait y avoir une normalisation de la relation entre l’UE et le Burundi. Et cette feuille de route doit insister sur le fait les violations des droits de l’homme, qui étaient les raisons pour lesquelles le Burundi a été placé sous sanctions, soient effectivement prises en main par les autorités burundaises et faire en sorte qu’il puisse un Etat de droit digne de ce nom au Burundi, ou en tout cas des engagements clairs et fermes de la part des autorités burundaises.’’

L’Union  Européenne a suspendu l’aide  qui était destinée au Burundi en 2016, une mesure qui ne concerne pas  l’aide à la population. Cette décision est consécutive aux  violations  graves des droits de l’homme observées  au  Burundi.