Le chef du gouvernement désillusionne le personnel de l’OBUHA

Les personnels des 6 institutions fusionnées pour créer l’OBUHA, l’Office Burundais de l’Urbanisme, d’Habitat et de Construction, déchantés par la réponse du premier ministre. Les nouveaux tests de recrutement prévus par cet office rentrent dans les orientations du gouvernement et auront bel et bien lieu. Les personnels non repris seront réaffectés dans d’autres ministères.

Saisi il y a deux semaines par le syndicat des travailleurs de la SETEMU, une des 6 institutions fusionnées, le cabinet du premier ministre a été on ne peut plus clair. Les nouveaux tests de recrutement prévus par l’OBUHA, l’Office burundais de l’Urbanisme, de l’Habitat et de construction, sont conformes à la loi burundaise de 2006 portant Statut Général des Fonctionnaires, a précisé le directeur de cabinet du premier ministre, Ir Déo Bède Mpfubusa dans sa correspondance datée de ce 19 mars. Et d’ajouter que les agents des 4 des 6 institutions fusionnées ayant le statut de société paraétatique qui ne seront pas repris par l’OBUHA seront transférés dans différents ministères, à l’instar de leurs confrères des 2 institutions restantes qui ont la matricule de la fonction publique.

Une réponse pas claire, ont réagi les personnels concernés. Se demandant qu’en sera-t-il des salaires, vu que la fonction publique et les sociétés paraétatiques ne rémunèrent pas de la même façon. ‘Nous ne sommes pas satisfaits de la réponse. Elle n’est pas du tout claire sur le point des salaires. Parce que les salaires des travailleurs des sociétés paraétatiques sont élevés par rapport à ceux des fonctionnaires de l’Etat. Une des raisons qui peut pousser ces travailleurs à refuser la réaffectation.’’

Effectivement, la réponse du cabinet du premier ministre spécifie que les travailleurs qui ne voudront pas être réaffectés seront licenciés, sur base du décret-loi de 1993 portant révision du code de travail ou des dispositions en rapport avec les licenciements pour cause économique de chaque établissement.

Les dispositions citées ne parlent point de licenciements en cas de fusion. Ces personnels suspectent déjà un empiètement sur leurs droits. ‘’ Que celui qui décidera de partir reçoive ses indemnités conformément à la loi. Nos sociétés n’ont pas fait faillite. Normalement en cas de fusion, le nouvel employeur garde le matériel et le personnel qui l’utilisait. Comment dire que tu prends le matériel et que tu réaffectes l’utilisateur. C’est injuste.’’

En cas de non-respect de la loi, les personnels de ces 4 sociétés paraétatiques qui sont au nombre de 251 comptent saisir la justice. Tout comme le personnel de la SETEMU qui réclame beaucoup d’argent à leur ancien employeur. Aujourd’hui, ils sont sur le point d’être licenciés sans avoir été remboursés.

OBUHA a été créée en mai 2019 par fusion de la Direction Générale de l’Urbanisme et de l’Habitat, le Laboratoire National des Bâtiments et des Travaux Publics, la Direction Générale du Bâtiment, l’Encadrement de Construction Sociale et Aménagement des Terrains, la Société Immobilière Publique ainsi que la Régie des Services Techniques Municipaux. OBUHA prévoit faire passer le mois prochain d’avril, les nouveaux tests de recrutement à ces personnels qu’elle employait depuis bientôt deux ans.