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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Sept mois après leur retour de Tanzanie, des rapatriés de Karusi attendent toujours l’équivalence de leurs diplômes

Par: Digne Karondo

Sept mois après avoir engagé les démarches pour faire reconnaître leurs diplômes obtenus en Tanzanie, certains rapatriés vivant dans la commune de Karusi, en province de Gitega, restent toujours sans document d’équivalence. Ils estiment que cette attente réduit leurs possibilités de trouver un emploi, leurs qualifications n’étant pas officiellement reconnues au Burundi.

Pour effectuer cette procédure, ces rapatriés disent avoir reçu de l’ONG IRC la liste des documents nécessaires. Ils ont ensuite entrepris les démarches auprès des établissements scolaires qu’ils avaient fréquentés dans les camps en Tanzanie. Des bulletins scolaires couvrant leur parcours, de l’enseignement primaire au secondaire, leur ont notamment été demandés.

Selon l’un des concernés, la collecte de ces documents leur a demandé plusieurs déplacements en Tanzanie. Après avoir réuni les pièces exigées, ils les ont transmises aux responsables de l’IRC en février. Depuis, ils affirment n’avoir reçu aucune information précise sur l’évolution de leurs dossiers.

« Les agents de l’IRC nous avaient expliqué que, parmi leurs responsabilités, figurait notamment l’accompagnement des réfugiés dans l’obtention de l’équivalence de leurs diplômes. Ils nous ont demandé de nous rendre dans tous les établissements que nous avions fréquentés, de l’école primaire jusqu’au secondaire, afin de récupérer tous les bulletins scolaires obtenus dans les camps en Tanzanie. Nous avons suivi ces démarches. Certains d’entre nous ont dû retourner dans différents établissements où nous avions étudié en Tanzanie et, malgré les difficultés, nous avons finalement réussi à obtenir les documents demandés. Nous les avons remis aux responsables depuis le mois de février, mais jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune nouvelle », témoigne-t-il.

Cette absence de reconnaissance officielle affecte également la situation professionnelle de plusieurs rapatriés. Ceux-ci affirment avoir exercé différents métiers pendant leur séjour en Tanzanie, notamment dans l’enseignement. De retour au Burundi, ils disent rencontrer des difficultés lorsqu’ils cherchent à faire valoir leurs compétences auprès des employeurs.

Ils expliquent disposer de certificats et d’autres pièces attestant de leur expérience, mais indiquent que ces documents ne suffisent pas toujours lorsqu’une équivalence de diplôme est exigée.

« Lorsque nous nous renseignons auprès des personnes auxquelles nous avons remis ces documents, notamment les représentants de l’IRC, on nous répond simplement de patienter et d’attendre. Cette situation a de nombreuses conséquences négatives sur notre vie. Plusieurs d’entre nous étaient enseignants dans les camps, tandis que d’autres exerçaient différentes activités. Nous avons également obtenu des certificats et d’autres documents attestant de nos compétences, qui peuvent nous permettre de trouver un emploi et de subvenir à nos besoins. Mais sans l’équivalence de nos diplômes, nous restons confrontés à de grandes difficultés pour accéder à l’emploi », explique-t-il.

Ces rapatriés demandent que leurs dossiers aboutissent afin de pouvoir faire reconnaître leur parcours scolaire et avoir accès aux possibilités d’emploi au même titre que les autres citoyens.

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