Educatrice durant une trentaine d’année, les projets d’Eulalie Nibizi ont été avortés suite à la crise politique de 2015

Eulalie Nibizi, ancienne présidente du syndicat des enseignants du Burundi ‘’STEB’’, actuellement secrétaire exécutive de la Coalition burundaise des droits de l’homme ‘’CBDDH’’ dit que le système éducatif burundais se rétrograde du jour au lendemain suite à la politique qui se joue dans les différents établissements et le non renforcement des capacités des enseignants.

Educatrice durant plus de 30 ans, Eulalie Nibizi regrette que la politique gagne du terrain dans le secteur d’éducation. ‘’Les enseignants n’accomplissent pas leurs missions. Le parti au pouvoir, c’est lui qui a le dernier mot dans les prises de décision.’’

L’ancienne syndicaliste témoigne de l’expérience de son époque, les choses étaient différentes, dit-elle. ‘’ Si cela advenait à notre époque, on faisait recours au comité de l’établissement concerné composé d’enseignants, d’élèves et de leurs parents, des administratifs ainsi que des syndicalistes afin que le droit d’un enseignant ou d’un élève ne soit pas bafoué.’’

L’immixtion du politique dans l’éducatif, origine des multiples problèmes qui handicapent le secteur…

Le fait que le gouvernement s’ingère dans le travail des syndicats des enseignants est à l’origine des problèmes que fait face actuellement ce secteur. Eulalie Nibizi revient sur plusieurs défis qui touchent des problématiques variés.

'‘En 2006 ou 2007, par exemple, quand un enseignant violait son élève, le syndicat exerçait une pression à la justice afin que l’auteur du crime soit puni et si ça trainait, on dénonçait ces actes ignobles via les médias. Alors si à présent, le syndicat ne soulève pas les défis qui gangrènent ce secteur, l’enseignant se comporte comme il veut, surtout quand il est du parti au pouvoir. Avant s’il y avait un compromis, le gouvernement et les syndicats menaient un dialogue, ce n’est plus le cas aujourd’hui, le gouvernement impose alors qu’il devait veiller au respect de tous. ‘’

En plus de ces conséquences de l’ingérence de la politique, la syndicaliste pendant plus de 25 ans, explique aussi que la régression de l’enseignement au Burundi est due aussi au fait que le gouvernement change les programmes d’enseignement et n’arrivent pas à former les enseignants comment les dispenser

Eulalie Nibizi fait savoir qu’elle avait plusieurs projets pour les élèves et les parents. Chose qui n’a pas été facile, car  la crise de 2015 l’a poussé à quitter son pays natal. ‘’ J’envisageais de créer un centre d’éducation afin d’aider les élèves qui ont abandonné l’école pour diverses raisons mais aussi de former les parents comment éduquer leurs enfants. ‘’

Cette éducatrice de carrière demande aux hommes politiques d’accorder une place importante au système éducatif dans leurs prises de décision et de ne pas prendre des mesures à la hâte dans ce secteur, que les responsables éducatifs soient aptes. Au gouvernement, elle leur demande de punir ceux qui se méconduisent et que leurs syndicats retrouvent la liberté.

Eulalie Nibizi fait un clin d’œil aux enseignants prestant toujours au Burundi de bien accomplir leurs missions et de défendre toujours leurs droits.