Relâchement dans la lutte contre la propagation de la Covid-19 au Burundi

Une négligence se remarque au niveau de la sensibilisation de la population pour le  respect des gestes barrières, que ce soit en mairie de Bujumbura ou à l’intérieur du pays. Dans certaines places publiques, aucune mesure de lutte contre la Covid-19 n’est respectée par la population,  alors que cette pandémie  fait rage dans le monde entier.

Cela fait 9 mois que le premier cas positif à la covid-19 est apparu au Burundi. Au départ, le gouvernement de feu Nkurunziza a négligé cette pandémie qu’il a continué à nier la présence. Mais avec son successeur, Evariste Ndayishimiye, quelques mesures ont été prises dans le but de lutter contre cette pandémie. Néanmoins, cela n’est plus le cas pour le moment car la population affiche un comportement qui n’est pas adéquat vis à vis de cette pandémie. “Concernant la Covid-19, le rythme de lutte contre sa propagation n’est plus le même  qu’au départ à voir le comportement des burundais. Dans les Eglises, on ne communique plus rien concernant cette pandémie. Il est vrai qu’il y a des seaux contenant de l’eau ainsi que du savon, mais les gens continuent de s’embrasser et de se serrer les mains. La distanciation sociale n’est pas non plus respectée. Bref, même s’ils prétendent respecter les gestes barrières, il n’en est rien.” Témoigne un habitant de la mairie de Bujumbura qui regrette que la sensibilisation laisse également à désirer. ‘’ Aucune annonce. Tu peux trouver  au bord des routes des affiches concernant la Malaria, les pancartes de lutte contre le SIDA, mais rien en rapport avec la Covid-19. Même les radios n’en parlent pas souvent. ‘’

La situation est similaire à l’intérieur du pays

Dans certaines provinces où la RPA a pu s’entretenir avec la population, les gestes  barrières contre la covid-19 ne sont plus observés. Il n’y a aucune pancarte ou panneau publicitaire destiné à la sensibilisation contre cette pandémie.

A Ngozi, certains habitants nous ont révélés que la dernière fois qu’ils ont été sensibilisés contre le corona virus, c’était au mois de mars quand on a diagnostiqué le premier cas positif au Burundi. ‘’ Ici chez nous, on dirait que la Covid-19 n’a jamais existé car, nous nous embrassons sans problèmes, les autres se serrent la main. Moi-même je le fais pour ne pas être marginalisé ou taxé de fauteur de trouble.  Les seaux contenant de l’eau sont installés aux entrées des bistrots mais peu de clients se lavent les mains, surtout que la plupart du temps il n’y a même pas de savon. Les gens jouent au billard, et les orchestres continuent de jouer du la musique sans se soucier de rien. Pourtant, les premiers jours, il y avait une certaine rigueur.’’ Confie un habitant de Ngozi.

La situation est identique en province Rumonge. Dans certains  établissements scolaires, les gestes barrières ne sont pas observés, comme en témoigne cet habitant qui vit près du lycée Urbain de Rumonge. « Au lycée municipal urbain de Rumonge,  je mentirais si je disais qu’il y a des seaux et du savon pour que les élèves se lavent les mains. Je dirais que les précautions contre la Covid-19 ne font plus partie des préoccupations du moment. »

Pire encore, indiquent nos sources, mêmes les autorités qui étaient sensées donner le bon exemple, sont les premiers à violer les mesures y relatives. ‘’ Ils ont tous relâché de vigilance, y compris les autorités.  Ils font comme si cette pandémie n’a jamais existée. Aucune activité n’a été suspendue ici chez nous pour raison de Covid. ‘’

Néanmoins, certaines provinces fournissent des efforts dans le but de lutter contre la propagation de cette pandémie même si cela n’est pas suffisant. Il s’agit des provinces Gitega et Cankuzo où l’organisation world vision a essayé de sensibiliser la population, en distribuant notamment des seaux pour faciliter le lavage des mains. L’autre constat est que certains fonctionnaires comme les banquiers et les agents du domaine de la santé essaient de se conformer aux exigences de l’Organisation Mondiale de la Santé car ils portent souvent des masques.

Même si les autorités burundaises semblent prendre à la légère cette pandémie, la Covid-19 reste une triste réalité partout dans le monde. Les chiffres des cas positifs ne cessent d’augmenter. Des nations entières retournent   aujourd’hui dans la phase initiale pour arrêter d’autres mesures  encore plus sévères pour lutter davantage contre cette pandémie.