Les conséquences de la banalisation du coronavirus se font de plus en plus sentir au Burundi

Le respect des gestes barrières par la population s’annonce être un combat dur. Le constat est que certains habitants de la mairie de Bujumbura violent sciemment différentes mesures arrêtées pour lutter contre la propagation de la Covid-19. Plus d’un estiment que cette situation est la conséquence du fait que le plus haut sommet du pays a toujours pris à la légère cette pandémie.

Les habitants de la mairie de Bujumbura regrettent que l’application des mesures prises pour lutter contre la pandémie de la Covid-19 au Burundi semble être jusque-là par volonté et non par obligation. Même si le rythme de contamination a pris de l’ampleur ces derniers jours, il n’y a pas une préoccupation apparente. Les actions faites juste après le changement de gouvernement au Burundi n’ont pas duré.

‘’ L’application des mesures n’est pas obligatoire. Il faut qu’il y ait des agents du gouvernement dans tous les endroits fréquentés pour sensibiliser et rappeler les gens qu’il faut se laver les mains. Au centre-ville quand on a parlé de l’apparition de cette pandémie au Burundi pour la première fois, les gens respectaient les gestes barrières. Moi-même je me rappelle qu’on m’a refusé d’entrer dans le bus sans avoir lavé mes mains.’’ Révèle cet habitant de Bujumbura qui regrette aussi que le port de masque n’est toujours pas envisagé ou préconisé comme moyen efficace de lutte contre le coronavirus.

Pire encore, même les autorités du pays violent le protocole de lutte contre la propagation de cette pandémie : « Les masques sont à l’entrée de certains bureaux, mais quand tu dis à quelqu’un de porter le masque, ce sont les disputes qui s’en suivent. Les autorités sont complices de ces gens qui ne respectent pas les mesures. Elles donnent des ordres à la population, qu’elles piétinent quand il s’agit de leurs amis. Donc nous avons toujours des problèmes ».  

Jusqu’à présent, à part le lavage des mains avec du savon, et l’interdiction de se toucher pour se saluer, aucune autre mesure n’a été prise afin de lutter contre la propagation de la Covid-19 au Burundi. Ici on citera notamment le port de masque, la distanciation sociale dans les endroits fréquentés, surtout dans les véhicules de transport en commun. Les gens s’assoient à la normale comme si la pandémie de covid-19 n’a jamais existé au Burundi. Pourtant, 177 personnes ont été testées positives dans le pays durant la période du 3 au 9 janvier de cette année, selon du moins un rapport du gouvernement rendu public le dimanche 10 janvier 2021.