Le rythme de la circulation dans les camps laisse les réfugiés à la merci de la Covid-19

La circulation incontrôlée des personnes entrant ou sortant dans les différents camps de réfugiés est l’un des facteurs qui risque de favoriser la propagation de la covid-19. Toutefois, les gestes barrières contre cette pandémie sont jusque-là respectés.

Le port de masque est la principale mesure appliquée dans le camp des réfugiés de Mahama. A part cela, les Burundais y réfugiés font savoir que même d’autres mesures de protection contre le Covid-19 sont respectées. C’est le cas du lavage des mains, ainsi que la distanciation sociale dans certains lieux de rassemblement. ‘’ Ici, les réfugiés se protègent comme il se doit. Le port du masque est respecté. Dans des lieux publics, la distanciation physique est aussi respectée. Mais le port de masque, c’est la mesure barrière la plus appliquée. Le lavage des mains se fait partout dans les marchés, au sein des écoles et dans les endroits les plus fréquentés. Il y a des associations qui ont des employés qui rappellent aux gens de se laver les mains », a tenu à préciser un des réfugiés du camp de Mahama.

Néanmoins, ces réfugiés révèlent qu’il s’observe des mouvements de va-et-vient dans les enceintes du camp. La circulation des personnes surtout en provenance de l’extérieur suscite beaucoup d’inquiétudes. Les réfugiés affirment également que le test de COVID-19 ne se fait pas régulièrement à l’entrée du camp. « L’entrée du camp n’est pas suffisamment contrôlée. Tu te laves seulement les mains et tu entres directement. Personne ne te demande d’où tu viens. Les agents chargés de prendre la température  ne sont pas là chaque jour, le test se fait de temps en temps. Donc, il n’y a pas de rigueur », s’est indigné un autre réfugié burundais. 

A propos de ce manque de rigueur évoqué, le président du comité des réfugiés du camp de Mahama a fait savoir que cette question a été résolue. Selon lui, seuls ceux qui entrent clandestinement ne sont actuellement pas testés.

Le camp des réfugiés de Mahama au Rwanda compte plus de 51 mille Burundais.

Les mouvements de va -et-vient inquiètent également les réfugiés burundais au camp de Lusenda

Le camp de Lusenda est situé en République Démocratique du Congo. Comme il n’est pas clôturé, le contrôle de tous les mouvements n’est pas du tout facile. ‘’ Tout le monde peut entrer et sortir à sa guise car le camp n’est pas doté de clôture.  Donc, nous sommes inquiets car le jour où la Covid-19 va réellement nous envahir, ce sera catastrophique. Que ce soit les personnes en provenance d’Uvira, Bukavu, Baraka ou Masisi, tous entrent ici facilement sans même subir un test de Covid-19 » a révélé un autre réfugié.

Même si l’organisation Caritas s’était investie, à travers surtout la distribution des masques et des savons, tous ces efforts restent insignifiants suite au manque de rigueur observé dans ce camp. ‘’Les mesures de lutte contre la Covid-19, notamment la distanciation sociale, sont uniquement respectées à l’hôpital. Là-bas, on a essayé de dessiner des marques indiquant où chacun doit s’asseoir. Des tests sont également effectués  aux personnes qui fréquentent l’hôpital du camp. Des masques sont distribués et tout le monde doit se laver les mains. Mais, dans d’autres endroits comme les salles de Cinéma, les marchés ou nous nous rencontrons avec les congolais, aucune mesure n’est respectée. Que ce soit la distanciation sociale ou bien le lavage de mains », a fait savoir un réfugié vivant au camp. ‘’ Déplore un des réfugiés burundais vivant au camp de Lusenda, un camp qui, à la fin de l’année 2020, comptait environ 45 mille burundais qui ont fui leur pays d’origine.

Au camp de Nakivale, la situation est plus au moins meilleure malgré quelques résistances

Au camp de Nakivale, les réfugiés Burundais indiquent que la plupart des réfugiés respectent les gestes barrière contre la Covid-19. ‘ Nous respectons les indications des médecins qui sont entre autres le port du masque, on ne se salue plus avec les mains, le lavage des mains se fait partout même avant d’entrer dans différents bureaux, dans les boutiques et dans nos habitations respectives. Personne n’y entre sans se laver les mains. En plus on nous a donné des savons ces derniers jours. ‘’ Se réjouit un Burundais qui vit dans ce camp.

Les mêmes mesures sont appliquées pour ceux qui font le transport dans ce camp de Nakivale. ‘’Concernant ceux qui font le transport des personnes sur les motos, on leur a ordonné de porter les casques et les masques. Avant ils pouvaient transporter deux personnes mais maintenant ce n’est plus le cas. Le motard doit avoir de l’alcool pour se laver les mains de même que son client. Les chauffeurs des voitures-taxis ont été obligés de réduire le nombre de passagers. Maintenant c’est 3 personnes au lieu de 5, et 5 personnes au lieu de 9  pour les bus dans le but de respecter la distanciation physique.’’ Indique cet autre réfugié Burundais.

Néanmoins, certains réfugiés ne respectent pas ces mesures de lutte contre cette pandémie. ‘’Parfois il y a des patrouilles de la police pour voir que les gestes barrières sont respectées. Il s’agit de vérifier s’il y a de l’eau et du savon. Ceux qui ne les respectent pas ils sont avertis et on les met en garde. Mais si cela t’arrive encore on t’arrête et tu es puni. Il y a des personnes qui ne portent pas de masques et ils sont souvent arrêtés. Je ne dirais pas que tout est parfait car, il y des marginaux. Mais en général, on fait de notre mieux.’’

Le camp de Nakivale en Ouganda abrite beaucoup des réfugiés de différentes nationalités. Parmi eux, près de 39.600 sont Burundais, selon du moins les statistiques du HCR datant du début du mois de janvier 2021.