La migration clandestine rend nulles les mesures de Gitega contre la COVID-19

Des points d’entrée clandestins dans les différentes provinces du Burundi facilitent les gens à franchir les frontières sans se faire dépister la covid-19. Un constat contradictoire aux décisions du gouvernement de fermer les frontières et d’y déployer les agents de santé chargés de diagnostiquer cette pandémie.    

Treize sur les dix-huit provinces qui constituent le Burundi sont frontalières avec différents pays voisins et ont chacune des points d’entrée clandestins. L’existence de ces ouvertures est connue par les habitants des localités frontalières avec les pays de la sous-région, qui peuvent ainsi facilement entrer ou sortir via ces voies sans se faire dépister au corona virus.

Le cas illustratif est celui de la commune Mabanda de  la province Makamba reliant le Burundi à la Tanzanie. Les habitants de la place révèlent que de telles migrations irrégulières y sont monnaie courante. ‘’A la frontière de Mabanda, les gens entrent et sortent clandestinement sans aucun problème. Mis à part le contrôle des passagers qui s’effectue sur la RN 5, au tronçon Mugina-Nyeshenza, les autres entrées ne sont pas surveillées. Il n’y a aucun policier’’, révèle un citoyen sur place.

La même situation se manifeste dans la province Muyinga. Non loin de la frontière de Kobero en commune Butihinda, il existe d’autres points d’entrée clandestins. Malgré les mesures établies par le gouvernement visant à essayer de fermer certaines d’entre elles, les mouvements non contrôlés des personnes entre le Burundi et la Tanzanie font preuve d’un statu quo.

‘’Au départ, les autorités ont été informées qu’il y a des gens qui empruntent ces entrées clandestines sans aucun problème. Les autorités ont donc affecté des agents pour qu’ils surveillent ces va -et-viens. Mais comme le Burundi est tout proche de la Tanzanie et qu’il y a beaucoup de ces entrées, il est quasiment impossible de bloquer le passage à une population qui maitrise mieux les lieux. Donc, le gouvernement ne peut surveiller que quelques-unes de ces entrées’’, a déclaré un habitant de la localité.    

Sur la frontière Burundo-Congolaise située en province Cibitoke, les mêmes points d’entrée clandestins existent également et en grand nombre. Les sources de la RPA indiquent que les gens empruntent régulièrement ces entrées sans subir le test de Covid-19.

Dans le dernier rapport publié par la branche de l’Office de l’ONU en charge de la Coordination des Aides Humanitaires (OCHA), il  est mentionné que sur 100 personnes testées positives depuis l’ouverture de l’aéroport au mois de Novembre, 83% sont des cas importés, qui sont passés surtout par l’aéroport Melchior Ndadaye et sur la frontière de Kobero à Muyinga.