Ebola dans la région des Grands Lacs : le Burundi mobilise 15 millions de dollars pour sa préparation sanitaire
Par: Rédaction
Le Burundi annonce la mobilisation de plus de quinze millions de dollars américains pour renforcer sa préparation sanitaire face à l’épidémie d’Ebola signalée en République démocratique du Congo et en Ouganda. Alors que l’Africa CDC met en garde contre un risque de propagation dans plusieurs pays de la région des Grands Lacs, un expert en maladies infectieuses appelle à renforcer la surveillance, la prise en charge des cas et le contrôle aux frontières afin d’éviter la diffusion du virus.
Au Burundi, plus de quinze millions de dollars américains sont nécessaires pour renforcer la préparation et la riposte face à la menace de l’épidémie d’Ebola signalée en République démocratique du Congo et dans d’autres pays de la région. Le ministre de la Santé publique a fait cette annonce ce vendredi 22 mai lors d’une réunion avec les partenaires intervenant dans le secteur de la santé. Selon Fidèle Nkezabahizi, cette rencontre visait à mobiliser la contribution de chaque partenaire dans la lutte contre cette épidémie officiellement déclarée en RDC et en Ouganda depuis le 18 mai. En RDC, la maladie a déjà causé plus de deux cents décès et plus de deux cent soixante cas suspects ont été enregistrés.
Dans la région des Grands Lacs, l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) a lancé une alerte sur le risque de propagation du virus Ebola, estimant qu’une dizaine de pays africains, dont le Burundi, sont exposés à un risque élevé de contamination. Lors d’une conférence de presse, son directeur, Jean Kaseya, a cité notamment le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Congo, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie parmi les pays les plus concernés. Il a indiqué que cette flambée épidémique est la deuxième plus importante jamais enregistrée dans le monde. En Ouganda, trois nouveaux cas ont été confirmés, portant le total à cinq personnes contaminées. Les autorités sanitaires affirment avoir identifié et isolé les cas contacts, tandis que Kampala a suspendu les transports publics en provenance de la RDC depuis le 21 mai afin de limiter les risques de propagation.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé, près de 750 cas suspects et 177 décès suspects ont déjà été recensés en République démocratique du Congo, où la souche Bundibugyo du virus complique la riposte, aucun vaccin ni traitement homologué n’étant disponible contre cette variante.
L’expert en maladies infectieuses, Come Konakuze, estime que la communication sur la présence de cas d’Ebola constitue un outil important de lutte contre la maladie. Il appelle à la mise en place de centres de santé spécialisés dotés d’équipements adéquats pour assurer la prise en charge et le suivi des personnes infectées. Il recommande également d’améliorer la communication sur les procédures appliquées aux personnes décédées et de renforcer le suivi des familles touchées. Enfin, il plaide pour un contrôle renforcé des entrées et sorties aux frontières afin de mieux contenir la propagation de l’épidémie.

