Des responsables militaires font de la Covid-19 leur poule aux œufs d’or
Grognes des militaires rentrés de la mission de maintien de la paix en Somalie, testés positifs à la Covid-19. Le commandant du camp de Muzinda situé dans la province de Bubanza où ces militaires transitent, leur exige de rester confinés dans ce camp alors que les résultats des tests montrent qu’ils sont déjà guéris. Une décision qui serait liée à ses propres intérêts.
Ces militaires qui se lamentent sont ceux des 55ème et 56ème bataillons qui viennent de terminer leur mission en Somalie. Les premiers sont arrivés au Burundi le 8 mai, mais personne de cette équipe n’a été testée positif au corona virus. Notre source révèle que les autres sont rentrés les 09, 10 et 12 de ce même mois de mai. Parmi eux, 40 ont été dépistés positifs à la Covid-19. Ils ont été soignés et ont fait les tests de contrôle à l’hôpital militaire de Kamenge. Les résultats ont montré que, à part deux d’entre eux qui étaient toujours positifs, les autres étaient guéris. Mais paradoxalement, le commandant leur a exigé de rester tous dans ce camp.
Nos sources militaires affirment que le commandant du camp de Muzinda, le colonel Ndayishemeze les oblige à y rester pour qu’il continue à bénéficier du montant donné par l’OMS pour la prise en charge des malades. Un montant estimé à 1 200 000 francs burundais par jour destiné à rationner les 40 militaires en confinement. ‘’On s’est tu parce qu’on n’y peut rien. Visiblement, ils profitent de nous. Quand ils rapportent des cas positifs à la Covid-19 sous traitement, nous avons appris qu’ils reçoivent beaucoup d’argent. C’est censé que chaque malade soit mis sous un régime alimentaire spécial. On donne 30 000 francs burundais par jour et par personne contaminée. Ils empochent l’argent mais n’améliore pas l’alimentation. Vous comprenez que ce sont des sommes colossales. Et comme ils ont autorité sur nous, nos supérieurs nous contraignent à rester.’’ S’indigne ce militaire.
Ces militaires précisent que malheureusement aucun malade n’a bénéficié de ce régime alimentaire spécial durant toute la période qu’ils viennent de passer dans ce camp de Muzinda. D’où ils demandent qu’on les laisse au moins rentrer dans leurs familles vu que les tests de contrôle ont prouvé qu’ils sont guéris.
Nous avons contacté par téléphone, le porte-parole de l’armée, le colonel Floribert Biyereke, mais il n’a pas décroché.