Le FMI vole au secours du Burundi avec conditionnalités.

Le Fonds Monétaire Internationale vient de conclure un accord ad-référendum avec la République du Burundi pour un crédit financier de 78 millions de dollars américains pour lutter contre les impacts de la pandémie de COVID-19. Dans un communiqué de presse sorti ce mercredi, le département de la communication de la FMI indique néanmoins que ce prêt n’empêchera le Burundi de continuer à faire face au défi de financer ses dépenses essentielles.

Subventionner ses principales consommations dont les dépenses liées à la protection sociale et la lutte contre la COVID-19, tels sont les principaux défis que connaît le Burundi. Ces défis majeurs ont été relevés par Madame Astou Diouf au terme d’une mission virtuelle effectuée du 23 juin au 26 juillet 2021 pour mener des entretiens relatifs à une demande d’assistance financière du Fonds Monétaire Internationale.

Astou Diouf, cheffe de la mission du FMI pour le Burundi, a également précisé que le pays reste dans la nécessité à maintenir la viabilité de la dette et la stabilité extérieure.

La mission du FMI pour le Burundi explique que l’inflation s’est accrue en 2020 et a atteint 7,5 % contre moins 0,7 %  en 2019 sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires. Cette mission indique également que les dépenses ont été supérieures à celles prévues dans le budget en raison des charges liées à la COVID-19 et des changements organisationnels dans les ministères à la suite des élections. Le déficit a dépassé l’objectif budgétaire et a été principalement financé par endettement domestique.

De surcroit, les réserves de change restent toujours  très faibles et les exportations ont diminué en partie à cause de la fermeture de certaines frontières et l’aéroport international de Bujumbura ainsi que les mesures de confinement instaurées chez les pays partenaires commerciaux pour réduire la propagation de la COVID-19. Les services du FMI constatent aussi que le PIB réel s’est donc contracté d’environ 1 % en 2020 et  le secteur tertiaire notamment l’hôtellerie, la restauration, le commerce et le transport  a été le plus durement touché.

En guise de solution, Madame Astou Diouf estime alors que la facilité de crédit rapide demandée par le Burundi soutiendra les efforts du Gouvernement pour lutter contre les impacts de la pandémie à COVID-19.

Cependant, la mission du FMI pour le Burundi trouve qu’il est important de continuer à surveiller le rythme de restructuration des  prêts et que le gouvernement du Burundi devrait mettre en place une politique budgétaire prudente et porteuse de croissance. Cette équipe recommande également la  réduction de la pauvreté et de la viabilité de la dette, le rééquilibrage des politiques extérieures pour rétablir la viabilité extérieure, la mise à des niveaux satisfaisant de la couverture des réserves de change ainsi qu’un renforcement plus poussé de la transparence et de la gouvernance

A l’issue de ladite mission du FMI, Madame Astou Diouf a déclaré que l’accord ad référendum conclu avec le gouvernement burundais  pourrait aboutir  à un décaissement de 53,9 millions de DTS soit environ 78 millions de dollars américains visant à soutenir les politiques économiques et structurelles.

En définitive, la mission conclut que les avis exprimés dans leur déclaration ne correspondent pas pour autant à ceux du conseil d’administration du FMI  auquel sera présenté un rapport pour examen et décision en septembre 2021  et enfin soumis à l'approbation de la direction du FMI.