Les cas d’exécution extra-judiciaire refont surface au Burundi

Un habitant de la commune Burambi est décédé ce lundi 25 janvier au commissariat de police de Rumonge en province Rumonge où il était incarcéré. La victime était accusée d’appartenir à un groupe qui perturbe la paix et la sécurité. Il s’agit de la deuxième victime décédée tout en étant dans les mains de la police et sous les mêmes accusations.

Egide Sindayigaya est le nom de la personne décédée ce lundi après 6 jours de détention. Agée de plus de 60 ans, la victime avait été arrêtée avec 3 autres habitants de la zone Maramvya, en commune Burambi. La police les accusait de collaborer avec des hommes armés qui perturbent la sécurité dans cette localité et dans les autres communes des provinces Rumonge, Bururi et Bujumbura. L’OPC1 Pierre Nkurikiye porte-parole du ministère de la sécurité et du développement communautaire montrait aux journalistes et aux habitants de cette localité, les présumés coupables dont le vieillard Egide Sindayigaya. ‘’Par délégation du ministre de la sécurité et du développement communautaire, nous sommes venus ici en zone Maramvya de la commune Burambi, province Rumonge pour encourager les forces de l’ordre pour les activités louables qu’elles ont mené ces derniers jours en arrêtant un groupe de malfaiteurs qui perturbaient la sécurité de la population.’

Ces personnes arrêtées et montrées au public, ont par la suite été acheminées au cachot du commissariat de Rumonge. Là-bas, Egide Ndayisenga y aurait été sauvagement torturé. Les sources de la RPA font savoir qu’il aurait même sollicité en vain d’être acheminé à l’hôpital. La victime Egide Ndayisenga était accusée d’être de mèche avec son petit-frère Déo Niyongabo connu sous le sobriquet de Côme. Ce dernier, un ancien militaire Ex-Fab avait été tué trois jours avant l’arrestation d’Egide Ndayisenga, par des policiers et des imbonerakure  en zone Maramvya, c’était en date du 16 Janvier 2020.

La même police qui a exécuté Déo Niyongabo alias Côme avait deux jours avant, arrêté un autre habitant de la zone Maramvya du nom de Protais Niyongabo, lui aussi Ex-Fab. Dans les mains de la police depuis le 14 janvier 2021, ce dernier sera exécuté 5 jours plus tard.

Les habitants de la commune Burambi ont indiqué à la RPA qu’ils vivent  dans une peur-panique au regard de ces exécutions extra-judiciaires des présumés coupables arrêtés par la police. Ils demandent des enquêtes minutieuses, qui pourraient démontrer l’implication de la police dans cette élimination physique des présumés coupables, au moment où la peine de mort a été abolie au Burundi.

A ce propos, la RPA a essayé de joindre L’OPC1 Pierre Nkurikiye le porte-parole du ministère de la sécurité publique, mais il n’a pas décroché son téléphone.