La récente mesure de la ministre de justice jugée irréalisable

L’association pour  la défense des droits des prisonniers dénommée ‘’NTABARIZA’’ estime que le délai de deux mois fixé par la ministre de la justice pour la comparution des détenus qui n’ont pas encore été entendus ne sera pas respecté. Dans un point de presse animé ce mardi 28 juillet, ladite association demande que les maisons de détentions soient désengorgées.

C’était en date du 24 juillet 2020, lorsque la ministre de la justice a donné un délai de deux mois pour la comparution de tous les prisonniers qui n’ont pas encore été auditionnés. Selon  Jeanine Nibizi ayant la justice dans ses attributions, cela rentre dans le cadre du désengorgement des maisons carcérales.

Pourtant, l’association ‘’NTABARIZA’’ qui lutte pour la défense des prisonniers, doute de la mise en application de cette mesure. Au cours d’un point de presse animé le mardi 28 juillet, Jean Marie Nshimirimana,  président de cette association, a indiqué qu’il y a des détenus qui ne comparaissent jamais suite à de multiples raisons avancées par les juges.

« Nous saluons les mesures qui ont été  prises  par la ministre qui rappellent aux juges de vider  tous les dossiers. Mais, nous constatons qu’il y a des juges qui trainent encore les pieds. Certains prétextent qu’il leur est difficile de se déplacer pour aller  entendre des détenus qui ont été arrêtés en mairie de Bujumbura puis  transférés  à la prison de Rumonge ou de  Bururi. Vous savez que l’audience peut être reportée suite à l’absence de témoins. Patientons pour ces deux  mois et nous allons conclure ensemble si la ministre de la justice aura  honoré son engagement. »

Le président de l’association NTABARIZA a été également interrogé sur la condamnation de 32ans de prison à l’endroit de Germain Rukuki, activiste de l’association ACAT –BURUNDI, par le tribunal de grande instance de la commune Ntahangwa. Au moment où cette décision a été annulée par la cour suprême, Jean Marie Nshimirimana a signifié qu’il n’en était pas au courant, mais demande toutefois que justice soit faite.

« Sur la question de l’annulation de la décision par la cour suprême, j’ai animé ce point de presse avant que je ne sois au courant de la situation et du motif de cette annulation. Mais si cela s’est passé ainsi, il faut que la  justice soit impartiale.»

L’association NTABARIZA demande au président Evariste Ndayishimiye de libérer les prisonniers qui avaient été graciés par son prédécesseur, feu président Pierre Nkurunziza.