La justice étouffe l’affaire d’une relapse

L’audience publique concernant la maltraitance physique d’un enfant dont est accusée une femme résidant au quartier Carama a obscurément  été interrompue et le procès a changé de tournure. Une chasse à l’homme a officiellement été ouverte par le porte-parole du ministère de la sécurité publique afin de retrouver les lanceurs d’alertes.

La présumée répond au nom de Rebecca Sibomana. Les informations à la disposition de la RPA font savoir que cette femme est conseillère au ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale. Rebecca Sibomana  avait comparu le lundi 19 avril devant le parquet général de Ntahangwa pour avoir physiquement maltraité l’enfant Don Maël Bigirindavyi sous sa garde.

Cependant, juste au moment où le substitut du procureur près le parquet de Ntahangwa entamait l’instruction du dossier, le procureur près le parquet Donate Niyonsaba  a intimé l’ordre de suspendre l’audience, de libérer la présumée avant même de l’auditionner et de lui réattribuer la garde de l’enfant. Selon nos sources, la raison avancée par cette autorité est qu’il s’agirait d’un montage contre  l’accusée.

Ces prétextes avaient été également émis au cours d’une affaire similaire qui s’est finalement soldée par l’acquittement de la présumée en février de cette année. A cette époque, Rebecca Sibomana était accusée d’avoir maltraité physiquement Don Maël Bigirindavyi  alors que le bébé n’avait que 5 mois.

La décision prise par le Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa le 03 février cette année a par la suite été déplorée par plus d’un du fait que la justice a balayé d’un revers de la main les résultats de l’expertise médicale  et s’est précipitée de blanchir l’accusée. En effet, le rapport d’examen médical dressé par Médecins Sans Frontières le 29 mai 2019 montrait clairement qu’après l’agression, le sang du nourrisson s’était coagulé au niveau du genou droit. Une lésion appelée en langage médical « ecchymose » qui est généralement due à un choc et qui a ainsi provoqué une dilatation pathologique de la jambe droite de ce bébé de 5 mois. L’examen radiologique illustrait également que le membre inférieure droit avait subi une fracture au niveau de l’extrémité du tibia appelé « épiphyse », entrainant ainsi une raideur articulaire.

Pour le moment, il s’avère que la présumée Rebecca Sibomana n’a pas renoncé à persécuter l’enfant Don Maël étant donné que son entourage a alerté les forces de l’ordre pour une récidive.

Paradoxalement, une chasse à l’homme à l’égard des personnes qui ont crié au secours en faveur de l’enfant a été ouvertement lancée ce mercredi 21 avril par le porte-parole du ministère de la sécurité. ‘’ L’affaire a été rouverte et toutes les personnes qui ont publié ces images sur les réseaux sociaux vont être interrogées afin qu’elles disent comment elles sont parvenues à prendre ces photographies. Ces personnes seront ensuite arrêtées et remises entre les mains de la justice.’’

Démenti ou duplicité ?

Deux jours après la suspension de l’audience, le porte-parole du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique a lui aussi soutenu la version de montage orchestrée pour nuire à la présumée. ‘’ Après avoir arrêtée la femme, la police a remarqué que l’enfant n’avait aucune cicatrice. Aucun signe ne montre que l’enfant avait été battu ‘’, a martelé Pierre Nkurikiye au cours d’une conférence de presse tenue ce mercredi 21 avril.

Pourtant, dans la même intervention, Pierre Nkurikiye n’a pas contesté l’authenticité des photographies illustrant les coups et blessures reçus par Don Maël  Bigirindavyi. Cette autorité s’est plutôt contentée de déclarer que les images publiées sur la toile ne sont pas d’actualité.  ‘’ La police avait arrêté cette femme pour la même infraction et l’avait remise à la justice. Mais par après, elle a été acquittée. Le constat que  nous avons fait est que les photos qui ont circulé sur les réseaux sociaux datent de longtemps. Autre chose, l’enfant aurait été photographié en l’absence  et à l’insu de la femme par d’autres personnes qui se seraient entretenues avec les domestiques. Ces personnes avaient l’intention de discréditer cette femme ‘’.

L’époque à laquelle faisait allusion Pierre Nkurikiye est l’année 2020 et la femme était poursuivie pour avoir maltraité Don Maël qui n’avait alors que 5 mois.  La question que se posent beaucoup de personnes est de savoir si la police aurait, à cette époque, dissimulé à la justice ces images qui pouvaient servir de pièce à conviction pour inculper Rebecca Sibomana. L’autre chose aberrante, c’est comment cette autorité explique  que sur ces photos Maël avait 5 mois au moment où celles-ci montrent le nourrisson en train de marcher.