Le règne Ndayishimiye ou 100 jours de violation grave des droits de l’homme

Les beaux discours n’auront été que des mirages. Et pour cause, ils ne reflètent pas la réalité. A quelques heures seulement des 100 jours du gouvernement Ndayishimiye, le constat est que bon nombre de personnes ont été sauvagement assassinées et d’autres ont vu leurs droits bafoués, sans que la justice ne bronche.

A J-1 des 100 jours du pouvoir Ndayishimiye, le constat est que les droits de l’homme n’ont fait que se détériorer durant ce premier trimestre.

Selon les rapports des différentes organisations de défenseurs des droits de l’homme, au moins 186 personnes ont été assassinées. Les corps des 68 d’entre elles ont été découverts dans différents endroits où leurs bourreaux les ont jetés après les avoir tués.

Ces premiers 100 jours du règne Ndayishimiye ont été entachés d’innombrables violations des droits de l’homme. Il s’agit entre autres des arrestations et emprisonnements arbitraires qui ont affecté 290 personnes, sans parler d’une trentaine de personnes majoritairement issues des partis d’opposition, qui ont été torturées.

La violation des droits de l’homme, c’est aussi la disparition d’au moins 11 personnes enlevées par les agents de l’Etat, des personnes qui sont restées sans trace jusqu’à date. A ces violations s’ajoutent les violences basées sur le genre qui ont touché 24 femmes et filles. Ces dernières ont, non seulement été abusées sexuellement, mais certaines d’entre elles ont par après été décapitées. Pourtant, les présumés auteurs de ces crimes ignobles n’ont jamais été inquiété par la justice.

Les maisons carcérales ne sont pas en reste en ce qui est de la violation des droits de l’homme. Et pour cause, presque toutes les maisons de détentions ont largement dépassé leur capacité d’accueil.

A titre illustratif, la prison de Muramvya compte plus de 750 détenus, soit plus de 7 fois sa capacité initiale de 100 détenus. La prison centrale de Mpimba compte, elle, près de 4300 détenus alors qu’elle n’a que 800 place, soit 5 fois sa capacité d’accueil. D’autres prisons qui ont dépassé 4 fois leur capacité réglementaire, ce sont entre autres celles de Ngozi et de Gitega. Pourtant, la ministre de la justice avait promis que, dans deux mois, toutes les affaires non clôturées seront vidées. Une promesse qui n’a toujours pas été tenue à deux jours seulement de l’échéance. 

A part ce dysfonctionnement de l’appareil judiciaire qui est à l’origine de la surpopulation carcérale, l’instrumentalisation de cette institution a fait que les détenus qui ont fini de purger leurs peines, de même que ceux qui ont bénéficié de la grâce présidentielle, continuent à croupir en prison.

Le cas le plus illustratif de cette manipulation de la justice par le gouvernement Ndayishimiye, c’est la condamnation de trois employés de la station-service de Kayanza à 30 ans de servitude pénale pour attentat et complot contre le chef de l’Etat alors que, dans un premier temps, ils avaient été inculpés pour manquement à la sécurité publique et de ne pas avoir alerté les services concernés que la sécurité du chef de l’Etat était en danger. Pourtant, le procureur avait pourtant requis 7 ans et demi de prison contre les prévenus mais les juges sont allés au-delà de ce qui leur avait été demandé juste pour faire plaisir au magistrat suprême.

Ce genre de clientélisme s’est également manifesté lors de la condamnation d’une dizaine de personnes proches du pouvoir dont les officiers de la police nationale et quelques membres du parti au pouvoir et de la ligue des jeunes Imbonerakure pour extorsion, avec circonstance aggravante par la cour d’appel de Bururi, au Sud du pays. Un procès qui a été prononcé juste pour endormir les gens et surtout les moins avisés car, bien que cet acte mérite des encouragements, il vise uniquement les simples exécutants en laissant libres les commanditaires ainsi que les concepteurs. Ce qui va à l’encontre du discours prononcé par le président Evariste Ndayishimiye lors de son investiture où il promettait d’en découdre avec les hautes autorités qui se croient au-dessus de la loi. Mais, malheureusement, le constat est que son discours n’était qu’un simple slogan politique car, deux jours plus tard, il a surpris plus d’un en nommant le principal suspect des crimes de sang et crimes économiques au Burundi au poste de premier ministre, donc chef de son gouvernement. La nomination du premier ministre Alain Guillaume Bunyoni et du super ministre Gervais Ndirakobuca, tous les deux sous le coup de sanctions américaines et européennes pour le rôle présumé dans la commission des crimes sous enquête de la Cour Pénale Internationale est un signe éloquent qu’une justice libre et indépendante n’est pas parmi les priorités du régime Ndayishimiye.