Des tortures et meurtres commis au nom de la sécurité

Persistance de violences en province Rumonge surtout dans la commune Burambi. Contrairement aux 7 autres provinces infiltrées par des groupes armés en Août dernier, cette localité enregistre encore plusieurs crimes de violations des droits de l’homme, mentionne le rapport de l’Initiative pour les Droits Humains au Burundi. Les auteurs qui se recrutent parmi les agents des forces de l’ordre et de sécurité jouissent toujours d’une impunité malgré les promesses du Chef de l’Etat.

Déogratias Niyongabo, son frère Egide Sindayigaya et Protais Niyungeko ont tous été tués au mois de janvier cette année, alors qu’ils avaient été interpellés par les forces de l’ordre du pays.

Selon les enquêtes de l’Initiative des Droits Humains au Burundi, IDHB en sigle, Déogratias Niyongabo dit Côme et Protais Niyungeko ont été tués fusillés. Selon nos sources, Côme a été sorti de la maison de son frère Egide Sindayigaya situé sur la colline Gishiha de la commune Burambi. Protais Niyungeko, lui était en détention au Service National des Renseignements et a été fusillé dans une vallée se trouvant entre les zones Maramvya et Mariza, après 4 jours de torture au Service National des Renseignements.

Même si la police a justifié ces 2 morts par la légitime défense et tentative d’évasion, les enquêtes d’IDHB montrent que les 2 prévenus ont été tous exécutés.

La police a expliqué que le 3ème, donc Egide Sindayigaya, a succombé à une maladie. Mais, les enquêtes faites par l’IDHB, elles, révèlent qu’Egide a été transféré dans un hôpital déjà mort. Il était détenu dans un des cachots du SNR en mairie de Bujumbura, sous torture pendant 6 jours. Ils tentaient de lui faire avouer que son frère Déogratias Niyongabo ainsi que le nommé Protais Niyungeko appartenaient à un mouvement armé.

En plus de ces hommes assassinés, l’IDHB fait savoir qu’au moins dix personnes, dont des parentés des victimes, ont été arrêtées pour avoir été en contact avec les défunts. Certaines d’entre elles ont par la suite été libérées, d’autres condamnées.

Les responsables de ces crimes sont, pour la plupart, des agents des forces de défense, de sécurité ou du service de renseignements.

Entre autres noms cités dans le rapport de l’IDHB, figurent le patron du SNR en province Rumonge, Michel Ndikuriyo, le commissaire provincial de la police, Melchior Hakizimana, le commissaire de la police à Burambi, Jean Damascène Shirimbere ainsi que le chef de zone Maramvya Prime Ndayisenga.

Pourtant, à l’occasion de la fête de l’unité nationale, le président Ndayishimiye avait promis de veiller au respect de la loi. Un discours qui, déplore l’IDHB, n’a été que chimérique.