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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Ngozi : la pénurie d’eau persiste, la Regideso pointe les changements climatiques

Par: Innocent-Valentin Singirankabo

La pénurie d’eau potable fournie par la Regideso continue de perturber la vie quotidienne des habitants de la ville de Ngozi, dans la province de Butanyerera. Depuis plus de cinq mois, plusieurs quartiers, notamment Kinyami, Muremera, Gisagara et Rubuye, sont privés d’eau courante. Les habitants disent être contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour s’approvisionner ou d’acheter des bidons d’eau à des prix élevés.

Dans presque tous les quartiers de la ville de Ngozi, la pénurie d’eau est devenue un problème quotidien. Les habitants rencontrés dans les quartiers de Kinyami, Muremera, Gisagara et Rubuye affirment que leurs robinets sont à sec depuis cinq mois.

Cette situation entraîne de nombreuses difficultés dans la vie quotidienne. Pour trouver de l’eau, certains habitants doivent quitter le centre-ville et parcourir environ trois kilomètres, notamment jusqu’à Ntibarutaye ou dans les marais situés aux environs de Ngozi.

Ceux qui ne peuvent pas faire la queue pour s’approvisionner sont obligés d’acheter de l’eau auprès des vendeurs. Un bidon coûte jusqu’à 2 000 francs burundais, selon les habitants. L’un d’eux témoigne : « L’eau a complètement disparu. Aujourd’hui, nous ne savons plus quoi faire. Nous n’avons même plus d’eau potable. Si quelqu’un parvient à en avoir, c’est parce qu’il est allé la chercher dans les marais, ou qu’il a envoyé quelqu’un lui en apporter, en lui donnant 2 000 francs par bidon. Les vendeurs d’eau vont très loin pour chercher de l’eau avant de la ramener au bord de la route. »

La pénurie d’eau dans la ville de Ngozi suscite également des inquiétudes en matière de santé publique. Plusieurs enfants passent désormais des jours sans se laver. Des maladies liées au manque d’hygiène, notamment les vers intestinaux, sont également signalées chez les adultes et les enfants.

Les habitants de la ville de Ngozi demandent à la Regideso de prendre des mesures urgentes avant que la situation ne devienne incontrôlable.

La baisse des réserves d’eau affecte aussi la production d’électricité

La baisse des réserves d’eau, liée notamment aux changements climatiques, a entraîné ces derniers temps une diminution de la production d’électricité dans certaines centrales hydroélectriques du Burundi. Le Directeur général de la Regideso, Jean Albert Manigomba, l’a expliqué lors d’une conférence de presse.

Il indique que la Regideso préconise d’accélérer les projets visant à augmenter les réserves d’eau, notamment dans le cadre des accords conclus avec l’Éthiopie et la Tanzanie.

Jean Albert Manigomba explique que la capacité de production des centrales a fortement augmenté depuis 2021. Elle atteint actuellement environ 170 mégawatts, alors que la consommation maximale d’électricité est de 116 mégawatts, ce qui laisse plus de 50 mégawatts en réserve.

Selon lui, à l’exception de Rwegura et des centrales qui ne disposent pas de grands réservoirs, les centrales hydroélectriques disposent de beaucoup d’eau pendant les pluies, mais ne produisent pas suffisamment d’électricité.

« Mais lorsque nous sommes confrontés à une situation comme celle que nous connaissons ces jours-ci, alors que nous n’avions jamais vu auparavant l’eau diminuer et la production baisser, cela signifie que ce que nous avons constaté commence à nous inquiéter. Il y a eu des changements climatiques », explique Jean Albert Manigomba.

Il précise que la centrale de Rwegura, qui dispose d’une retenue d’eau, peut produire jusqu’à 18 mégawatts. « La centrale de Rwegura, nous ne l’avons pas utilisée lorsqu’elle était pleine, elle débordait même. Aujourd’hui, c’est elle que nous utilisons tout le temps », indique-t-il.

Le directeur général de la Regideso ajoute que le soleil a beaucoup brillé cette année, ce qui constitue, selon lui, un signe d’un autre changement climatique. Il prévoit de fortes pluies dans les prochains jours et estime que la production devrait revenir à son niveau habituel, permettant ainsi de se préparer à l’été de l’année prochaine afin que cette situation ne se reproduise pas.

Jean Albert Manigomba rappelle enfin que des mémorandums d’entente ont été conclus avec l’Éthiopie et la Tanzanie. Il assure que la Regideso fait tout son possible pour accélérer les projets visant à augmenter les réserves d’eau, soulignant que « l’eau est le moteur qui montre qu’un pays est en développement », afin de pouvoir fournir à la population de l’eau et de l’électricité.

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