Muramvya : privés d’eau potable depuis cinq jours, les habitants redoutent une épidémie
Par: Rémy Nderagakura
Une pénurie d’eau potable paralyse depuis cinq jours le chef-lieu de la commune de Muramvya, dans la province de Gitega. Alors que l’eau est disponible dans certaines installations, sa distribution à la population pose problème. Les habitants, contraints de payer des porteurs d’eau ou de puiser dans les vallées, appellent la Régideso à rétablir rapidement l’approvisionnement.
Depuis cinq jours, les ménages du chef-lieu de la commune de Muramvya ne reçoivent plus d’eau potable de la Régideso. Une situation qui bouleverse le quotidien des habitants et suscite des inquiétudes croissantes face aux risques sanitaires.
Des résidents ont indiqué à la RPA que l’eau coule pourtant dans certaines installations. Le problème réside dans sa distribution. Ils citent notamment les habitations situées le long de la route menant au marché, dans la zone connue sous le nom de « Trop-plein », où l’eau est disponible sans être acheminée vers les foyers.
Selon les explications recueillies par les habitants, la panne est liée au réservoir principal de Kumuyange, une infrastructure qui leur avait été remise à l’époque du président Bagaza.
Faute d’approvisionnement public, les familles se tournent vers des vendeurs d’eau qui transportent les bidons à vélo. Pour une seule livraison à domicile, le prix varie entre 1 000 et 1 500 francs burundais, voire jusqu’à 2 000 francs selon les cas.
« Cela fait maintenant cinq jours que nous sommes privés d’eau. Lorsqu’on envoie quelqu’un puiser de l’eau dans la vallée, il y passe toute la journée sans pouvoir se consacrer à autre chose », déplore un habitant. « Quant à ceux qui font appel à des porteurs d’eau, même lorsqu’ils demandent un prix relativement bas, ils doivent débourser entre 1 000 et 2 000 francs burundais pour un seul bidon. »
Pour éviter ces dépenses, certains ménages descendent dans les vallées afin de puiser de l’eau dans les cours d’eau. Une eau de qualité douteuse, qui expose la population à des maladies liées à l’insalubrité et au manque d’hygiène.
Les habitants redoutent donc une propagation de maladies au sein des ménages si la pénurie se prolonge. Certains évoquent même le risque d’apparition du choléra, favorisé par le recours à une eau non potable et par la dégradation des conditions d’hygiène.
« Nous risquons de contracter des maladies sans même savoir de quelles maladies il s’agit exactement. Quant à l’épidémie de choléra, elle pourrait bien finir par apparaître, car le manque d’eau aggrave davantage les conditions de vie déjà difficiles de la population », alerte un résident.
La population du chef-lieu de la commune Muramvya lance un appel pressant aux responsables de la Régideso afin que le problème soit traité en urgence et que l’eau potable soit de nouveau distribuée dans les meilleurs délais.
La rédaction de la RPA n’a pas encore pu entrer en contact avec les responsables de la Régideso pour recueillir leur réaction.

