Les boissons interdites continuent de circuler dans la ville de Bujumbura malgré la mesure du ministère
Par: Elvis Niyomwungere
L’interdiction des boissons jugées non conformes aux normes légales peine à produire les effets attendus dans plusieurs quartiers de Bujumbura. Des consommateurs continuent d’en boire ouvertement, tandis que des témoignages mettent en cause le favoritisme et des pratiques de corruption dans l’application de la mesure.
Malgré la décision du ministère des Ressources minières, Enérgetiques, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme de retirer du marché les boissons qui ne respectent pas les normes légales, leur présence reste visible dans plusieurs quartiers de la ville de Bujumbura. Des habitants rencontrés sur place rapportent que leur vente et leur consommation se poursuivent sans véritablement être dissimulées.
Au quartier Asiatique dans la ville de Bujumbura, ces boissons sont toujours consommées. Des enfants en situation de la rue figurent également parmi les personnes qui en prennent. Le même constat est fait dans la zone de Kamenge, où les consommateurs continuent à se procurer ces produits.
Certains ont toutefois recours à des moyens pour cacher leur consommation. Les boissons sont notamment transvasées dans des bouteilles habituellement utilisées pour la bière, ce qui permet de ne pas laisser apparaître leur nature.
Des personnes interrogées avancent par ailleurs que l’appartenance au CNDD-FDD, parti au pouvoir, permet à certains vendeurs d’échapper aux contrôles. Elles affirment que ces derniers bénéficient ainsi d’une protection qui leur permet de continuer leur activité sans être inquiétés.
Des accusations concernent également certains agents de police chargés de contribuer à l’application de la mesure. D’après les témoignages recueillis, certains demandent de l’argent aux vendeurs en échange de leur laisser poursuivre la commercialisation de ces boissons. Des habitants assimilent ces pratiques à de la corruption et les considèrent comme une trahison envers le pays.
Pourtant, dans une annonce publiée le 6 septembre au sujet du retrait des boissons ne répondant pas aux normes légales, le ministère des Ressources minières, Enérgetiques, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme avait sollicité l’appui de la police pour assurer le respect de cette interdiction.

