La zone Gatumba submergée pour la nième fois par les eaux du lac Tanganyika.

Depuis plus d’une semaine, plusieurs maisons d’habitations situées en zone Gatumba de la commune Mutimbuzi ainsi que des infrastructures publiques sont inondées. Les habitants dont leurs maisons ne sont pas encore touchées font recours à des pirogues pour se déplacer. Les victimes de ces inondations ne savent pas pour le moment à quel Saint se vouer et déplorent l’inaction des autorités administratives qui n’ont jusqu’à présent rien fait pour les secourir.

La zone Gatumba de la commune Mutimbuzi en province Bujumbura est l’une des localités de cette province riveraine du lac Tanganyika. Depuis fin mars de cette année, les eaux de ce lac ont quitté leur lit. Après ce débordement,  une partie des habitants de la place a été obligée de déménager, un phénomène qui s’est beaucoup accentué mardi de la semaine dernière, surtout sur les collines  Mushasha I et II où presque tous les habitants ont été contraints de plier bagages. Idem sur la colline Kinyinya située dans la localité de Kajaga. Là où les maisons ne sont pas encore inondées, les habitants se déplacent à l’aide des petites pirogues, que ce soit pour regagner leurs domiciles, ou pour se rendre au travail.

Les victimes de ces inondations indiquent qu’ils sont dans la désolation totale et déplorent l’inaction des autorités administratives alors que cette situation perdure depuis deux semaines.

‘’ Nous sommes dans la désolation totale. On n’a plus où donner la tête. Il n’y a personne pour nous assister. Mêmes ceux qui ont trouvé refuge à Kigaramango, à Kajaga ou ceux qui vivent dans des tentes installées à la 2ème avenue sont toujours là. Pourtant, les autorités continuent à les ignorer. Bref, on nous a abandonné à notre propre sort.’’ Regrette un des habitants de la place.

Pour le moment, bon nombre d’entre eux n’ont nulle part où aller. Selon cet habitant, les plus chanceux sont hébergés par leurs amis et proches, tandis que les plus nantis louent des maisons en attendant le retour à la normalité.

‘’ Les gens triment pour trouver qui pourrait éventuellement les héberger.  Certains se rendent à Bujumbura pour louer des maisons, ce qui n’est pas du tout à la portée de tout le monde. C’est vraiment une situation difficile et invivable pour la plupart d’entre nous.’’

 Hormis ces maisons d’habitations et infrastructures publiques qui ont été submergées par ces eaux du lac Tanganyika, même les champs de riz n’ont pas été épargnés, à la grande désolation des riziculteurs qui craignent la famine, vu que les hippopotames n’ont rien laissé à leur passage.

La ville de Bujumbura a également été frappée par ces inondations. Même si les eaux du lac ne sont pas montées jusque dans les maisons d’habitation, plusieurs bistrots, établissements de loisirs ainsi que des bureaux se trouvant tout près du lac baignent toujours dans l’eau, deux semaines après le débordement.   

Vous saurez que ce n’est pas la première fois que la zone Gatumba est inondée par les eaux du lac Tanganyika. Une situation qui risque de gonfler le nombre de nécessiteux, surtout que depuis plus de deux mois, plusieurs familles sinistrées dorment dans des tentes installées en dehors de cette zone.