Journée de l’enfant africain : des défis liés à l’eau et à la protection des droits des enfants, le Burundi face à des insuffisances malgré des avancées
Par: Emmanuel Niyungeko et Génèrose Niyonkuru
Le 16 juin de chaque année, le monde célèbre la journée dédiée à l’enfant africain. Cette journée intervient alors que le continent est confronté à des défis liés à la sécurité hydrique, qui menacent le développement durable, le bien-être humain et la réalisation des droits des enfants.
La Journée de l’enfant africain a été lancée par l’Assemblée des chefs d’État de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 1991, afin d’être commémorée chaque année le 16 juin. Elle rend hommage au soulèvement étudiant de 1976 à Soweto, en Afrique du Sud, au cours duquel des étudiants ont été tués alors qu’ils manifestaient contre la mauvaise qualité de l’éducation qu’ils recevaient et réclamaient le droit d’être enseignés dans leur propre langue sous le régime de l’apartheid.
Au fil des années, cette journée est devenue une occasion pour les acteurs et parties prenantes impliqués dans la protection et la promotion des droits des enfants en Afrique de se réunir, de consolider leurs objectifs communs et de s’attaquer aux obstacles qui empêchent de construire une Afrique digne de ses enfants.
En tant que gardien de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CDBE), organe de l’Union africaine chargé de promouvoir et de protéger les droits et le bien-être de l’enfant en Afrique et de surveiller sa mise en œuvre, il a pour mission de contribuer à cette dynamique. Les objectifs de cette journée sont, entre autres, de mobiliser l’engagement politique, les ressources et une action coordonnée à travers le continent.
Le thème de cette année est : « Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour tous les enfants d’Afrique ». Cette journée intervient dans un contexte où le continent fait face à des défis liés à la sécurité hydrique, qui menacent le développement durable, le bien-être humain et la réalisation des droits des enfants.
Les États sont appelés à mettre en œuvre les directives mondiales de l’OMS/UNICEF sur l’hygiène des mains en milieu communautaire et à reconnaître l’hygiène des mains et les infrastructures comme des priorités en matière de politiques et d’investissements.
Au Burundi : des avancées mais des défis persistants dans la protection de l’enfance
Concernant la situation des droits de l’enfant au Burundi, le problème des enfants en situation de rue, notamment en raison de l’absence de moyens suffisants de l’État pour apporter une solution durable, demeure préoccupant. Les violences sexuelles commises contre les enfants continuent également de constituer une grave atteinte à leurs droits dans le pays.
David Ninganza, directeur du Centre de protection de l’enfant au sein de la SOJPAE (Solidarité de la Jeunesse Chrétienne pour la Paix et l’Enfance), salue néanmoins certaines avancées réalisées en faveur des enfants, notamment dans le secteur de l’éducation ainsi qu’au niveau de la justice, où le pays tend vers une justice éducative pour les enfants. La mise en place des tribunaux pour mineurs et des mesures alternatives à la détention montre une progression vers une justice juvénile plus éducative que répressive.
Il estime toutefois que certains domaines nécessitent des améliorations, notamment la situation des enfants en situation de rue, un phénomène qui persiste, ainsi que les violences basées sur le genre qui touchent les enfants. Il souligne également le défi lié à l’enregistrement des naissances. Il appelle le gouvernement à allouer un budget spécifique pour la protection de l’enfant, à accélérer la mise en œuvre effective du Code de la protection sur tout le territoire, et à impliquer les communautés ainsi que les enfants eux-mêmes dans la recherche de solutions.

