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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Certaines localités de Butanyerera confrontées à une pénurie d’eau potable depuis plus d’un an

Par: Emmanuel Ndayishimiye

Depuis plus d’une année, plusieurs localités de la province de Butanyerera sont confrontées à un manque persistant d’eau potable. Dans la ville de Ngozi comme à Kayanza, les habitants sont contraints de parcourir de longues distances pour s’approvisionner, tandis que la Regideso reconnaît le problème et l’explique notamment par l’extension des villes et la panne de certaines pompes.

Dans plusieurs quartiers de Ngozi, la recherche de l’eau commence dès les premières heures de la matinée. Employés de maison et ménages se déplacent d’un quartier à l’autre pour trouver un point d’approvisionnement. Certains se rendent notamment dans les vallées de Samutuku, Camugani et Vyerwa, ou encore au bord de la rivière Nkaka.

L’attente peut également être longue. Selon les informations recueillies dans la ville de Ngozi, certaines personnes passent jusqu’à deux heures dans les files d’attente avant de pouvoir obtenir de l’eau. Ceux qui ne peuvent pas effectuer eux-mêmes ces déplacements font appel aux conducteurs de taxi-vélo, qui transportent et vendent le bidon de 20 litres d’eau entre 2 000 et 3 000 francs burundais.

Pour certains ménages, les dépenses liées à l’achat de l’eau dépassent 20 000 francs burundais par jour. À Kayanza, le bidon de 20 litres est vendu entre 1 000 et 1 500 francs, alors que les pénuries y sont également fréquentes.

Cette situation a des conséquences jusque dans les ménages disposant de toilettes. À Kayanza, certaines familles ont cessé de les utiliser faute d’eau suffisante.

Les activités commerciales sont elles aussi affectées. Les propriétaires de restaurants, de cabarets et d’autres établissements accueillant des clients peuvent dépenser plus de 50 000 francs burundais par jour pour acheter de l’eau, en fonction du nombre de personnes reçues.

Dans certains centres de santé, l’approvisionnement se fait désormais par camion. D’autres établissements doivent acheter l’eau au prix de 3 000 francs burundais le bidon.

Du côté de la Regideso, les responsables évoquent notamment l’agrandissement des villes et les pannes des équipements utilisés pour assurer l’approvisionnement. À Ngozi, trois des cinq pompes servant à alimenter la ville sont actuellement hors service et n’ont pas encore été remplacées. Ces équipements sont utilisés pour puiser l’eau souterraine.

Les habitants de Butanyerera, particulièrement ceux qui fréquentent les centres de santé, craignent que le manque d’eau ne favorise des problèmes d’hygiène et l’apparition de maladies. Ils demandent aux autorités compétentes de prendre des mesures urgentes afin de mettre fin à cette pénurie.

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