Nakivale : détresse silencieuse des albinos privés d’aide et de protection
Au camp de réfugiés de Nakivale, en Ouganda, les personnes albinos vivent un véritable cauchemar depuis la réduction de l’aide du Programme alimentaire mondial. Entre faim, absence de protection solaire et enlèvements restés sans réponse, ces familles déjà très vulnérables se sentent plus que jamais livrées à elles‑mêmes.
Depuis avril 2025, date à laquelle le Programme alimentaire mondial (PAM) a drastiquement réduit l’assistance qu’il apportait aux réfugiés des camps, les albinos de Nakivale ont vu leurs conditions de vie se dégrader brutalement. Sur les 32 familles albinos installées dans ce camp ougandais, seules 5 reçoivent encore 50% de l’aide alimentaire dont elles bénéficiaient auparavant, les autres ayant tout simplement été rayées des listes de distribution.
À la faim s’ajoute une autre menace, tout aussi grave pour les albinos : l’absence quasi totale de protection contre le soleil. Crème solaire, parapluies, chapeaux, lunettes, savon… tous ces produits pourtant indispensables à leur survie leur sont désormais inaccessibles, faute de moyens. « La vie des albinos à Nakivale est très difficile car le soleil nous est nocif. Nous n'avons pas les moyens d'acheter de la crème solaire, des parapluies, du savon, des chapeaux ou des lunettes de soleil. Le soleil est vraiment dangereux pour nous. Nous ne pouvons pas sortir comme les autres car nous avons peur du soleil et des malfaiteurs », témoigne l’un d’eux.
À Nakivale, la peur ne vient pas seulement du soleil. La sécurité des albinos est devenue un sujet majeur d’inquiétude depuis que certains d’entre eux ont été victimes d’enlèvements et de disparitions forcées. Un réfugié albinos rencontré dans le camp raconte le cas d’un des leurs, enlevé au début de l’année dernière, dont plus personne n’a de nouvelles. « Nous avons peur car l'un d'entre nous a disparu en février dernier, et à ce jour, nous ignorons où il se trouve. Nous implorons les bienfaiteurs au cœur compatissant d'entendre nos larmes et nos cris », confie‑t‑il.
Face à cette accumulation de dangers – faim, maladie, insécurité –, les albinos du camp de Nakivale lancent un cri d’alarme. Ils s’adressent particulièrement à l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), qui les avait soutenus en 2018, afin qu’elle revienne à leurs côtés.

